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Bruxelles Démission de la présidente du conseil d’administration de l’Efsa

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La Hongroise Diana Banati a démissionné le 8 mai de ses fonctions de membre et présidente du conseil d’administration de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), à la demande de cette agence de l’UE. Diana Banati a en effet décidé d’occuper, au sein de de l’International Life Science Institute (ILSI), un position professionnelle incompatible avec le code de conduite de l’Efsa.

Le code de conduite du conseil d’administration de l’Efsa oblige aujourd’hui ses membres à se dispenser de toute activité qui pourrait soulever des doutes quant à leur indépendance et serait donc incompatible avec leurs fonctions (1). La question s’est donc posée pour sa présidente qui a choisi d’intégrer professionnellement l’International Life Science Institute. L’ILSI est une « organisation à but non lucratif dont la mission est de fournir des données scientifiques pour améliorer la santé publique et le bien-être ». Il regroupe 400 industriels de l’agrolimentaire, notamment les groupes Monsanto et Syngenta, très actifs dans le secteur des OGM. La majorité des fonds pour assurer son fonctionnement et ses recherches provient donc du secteur privé.
La démission de Diana Banati est effective immédiatement. Présidente du conseil d’administration de l’Efsa depuis 2008, Mme Banati avait été soupçonnée de  conflit d’intérêts par le député européen français José Bové, qui l’avait accusée d’avoir « menti » pour parvenir à ce poste « en ne se reconnaissant qu’un rôle mineur au sein de l’ILSI, alors qu’elle était membre du conseil des directeurs de l’institut ».
Diana Banati avait toutefois été reconduite pour un second mandat de quatre ans en 2010, mais l’Efsa avait adopté un code de conduite très strict.

Doutes parlementaires

Le Parlement européen a approuvé le 10 mai, à une faible majorité, des propositions de sa commission du contrôle budgétaire visant à ajourner la décharge (quitus) pour les comptes 2010 de certaines agences de l’UE, notamment l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui est basée à Parme.
La commission parlementaire a jugé inacceptable que chaque réunion du conseil d’administration de l’Efsa, qui compte 15 membres, coûte en moyenne 6 175 euros par membre. Elle appelle à « des réductions sensibles de ces dépenses excessives ».
Les députés de cette commission faisaient également état de conflits d’intérêts, mettant en avant les allégations selon lesquelles la présidente du conseil d’administration de l’Efsa avait des liens directs avec l’industrie alimentaire et était membre du conseil d’administration de l’International Life Science Institute - Europe.

(1) Voir n° 3341 du 12/03/12

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