Interprétant les implications françaises de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE) du 4 octobre, le Conseil d’État a décidé, le 28 janvier, de l’annulation dans son intégralité des décrets français de 2022 et 2024 interdisant l’utilisation de dénominations telles que « steak » ou « saucisse » à des produits végétaux. Même si certaines parties des textes pouvaient se rapporter à des dénominations légales (sans incidence, car non utilisées par les entreprises visées), le Conseil d’État a suivi l’avis du rapporteur, qui avait retenu que l’esprit des textes était de viser les dénominations usuelles, ce qui contrevient au droit européen. La CJUE avait indiqué en octobre que ce décret de 2024 – paru après l’annulation partielle du premier, dans l’attente de l’arrêt de la CJUE – « méconnaissait » la réglementation européenne. « Un État membre ne peut interdire l’utilisation de termes traditionnellement associés aux produits d’origine animale pour désigner un produit contenant des protéines végétales », estimait-elle, sauf si une dénomination légale a été adoptée. Selon la CJUE, un État membre ne saurait empêcher, par une interdiction générale et abstraite, les producteurs de denrées alimentaires à base de protéines végétales d’utiliser des noms usuels ou des noms descriptifs.
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