Le leader mondial de l'huile d'olive en bouteille s'est définitivement prononcé en faveur de l'offre de rachat déposée par le fonds britannique CVC Partners Capital. Le conseil d'administration de Deoleo a indiqué dans un communiqué qu'il allait « procéder dès maintenant à la finalisation des termes et conditions de l'opération à un prix de 0,38 euro par action, via une première acquisition de 29,99 % du capital puis une OPA sur l'ensemble de la société ». Cette offre qui valorise le groupe à 439 millions d'euros, un niveau inférieur au dernier cours avant clôture de Deoleo (0,425 euro), « inclut une augmentation de capital de 150 millions », selon les médias espagnols, et « le refinancement de la dette actuelle de la société » (506 millions d'euros fin mars) via un crédit sur sept ans. L'opération doit encore être entérinée par les différentes parties.
LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL SUIT L'OPERATION
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Selon une source proche du dossier, plusieurs actionnaires espagnols (CaixaBank, Kutxabank, Unicaja et Dcoop) devraient rester au capital de Deoleo, totalisant une part de près de 30 % du capital, afin d'éviter tout changement de nationalité du groupe, dont les marques Carbonell ou Hojiblanca sont emblématiques dans le pays. L'Espagne est le premier producteur d'huile d'olive avec près de la moitié de la production mondiale, selon l'institut du commerce extérieur espagnol (ICEX). Elle réalise 60% de ses ventes en Espagne et en Italie et doit miser sur l'international pour compenser la chute de la demande dans ces deux pays.
L'éventualité de voir partir le géant de l'huile d'olive entre des mains étrangères, notamment italiennes avait agité le gouvernement espagnol, ce dernier, par la voix du ministre du Budget, Cristobal Montoro, allant même jusqu'à envisager de prendre une participation minoritaire dans le capital. Plusieurs fonds étrangers s'étaient intéressés au dossier de reprise de Deoleo et notamment IQ Made in Italy (IQ MIIC), un fonds détenu à parts égales par le Fonds stratégique italien (FSI, contrôlé par l'Etat) et le fonds souverain Qatar Holding. Après l'annonce des préférences de Deoleo pour CVC, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a regretté « l'aversion idéologique par rapport à des propriétaires italiens ». « Ceci est inacceptable » et « je signalerai ça à mon ami, le Premier ministre (Mariano) Rajoy », a-t-il dit, cité par le quotidien Il Sole-24 Ore. Jeudi 10 avril, Deoloe a annoncé pour le premier trimestre de son exercice en cours, un bénéfice net de 3,6 millions (-17,5% sur un an) pour 170 millions de chiffre d'affaires (-14,2%) et un excédent brut d'exploitation de 19,6 millions (+29,6%). En 2013, l'entreprise qui emploie 713 personnes, avait enregistré une baisse de 1,9 % de son chiffre d'affaires à 813 millions d'euros et un bénéfice de 20 millions d'euros.