En 2009, parmi les « big five » (qui représentent 51% de la collecte de lait européenne) la France a été le seul pays à voir sa production chuter (de -4,1%). Pendant ce temps ses rivaux traditionnels enregistraient une progression de leurs volumes collectés (Allemagne +2,9%, Danemark+3,4%, Pays-Bas+1,6%).
De même, la France s’est distinguée par le niveau de rémunération des prix du lait : 293 euros au 1000 litres en moyenne, contre 260 euros aux Pays-Bas (-11%), 258 euros en Grande-Bretagne (-12%), 237 euros en Allemagne (-19%). Cet écart de prix de 19% par rapport à l’Allemagne (même ramené à 8% début 2010) entraîne une perte de compétitivité de la filière par rapport à un des ses principaux partenaires commerciaux et une hausse sensible des importations (+38%).
« 262 millions de litres de lait supplémentaires importés d’Allemagne et 51 000 tonnes de fromages, c’est l’équivalent de ce que traitent une à deux laiteries et une grosse usine d’emmental. Ce sont donc 1 à 2 usines françaises et une grosse usine d’emmental qui ont perdu leur débouché en France, en 2009 », résume Robert Brzuszak, directeur délégué de Bongrain SA.
Aux yeux des dirigeants du groupe fromager, ce déséquilibre, ignorant des fondamentaux, ne peut pas perdurer. Selon Pascal Breton, directeur général du groupe, « il n’est pas envisageable que le prix français soit différent de celui pratiqué dans les autres pays européens ». Il faut parvenir à un « ajustement » en trouvant un consensus entre les acteurs de la filière.
Le groupe reste « dans l’incertitude pour 2010 » avec les points d’interrogation suscités par la future Loi de Modernisation de l’Agriculture (LMA), par l’évolution de la demande de produits industriels et par les tensions qui restent fortes (voir par ailleurs la décision de la FNIL) autour des mécanismes de fixation du prix du lait.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.