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Pac Des aides à l’autonomie fourragère convoitées par éleveurs et cultivateurs

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Prévu dans le cadre de la nouvelle Pac, le soutien à l’autonomie fourragère reste à définir. 150 millions d’euros sont en jeu, provenant du couplage de 2 % des aides du 1er pilier. Les éleveurs produisant des légumineuses fourragères et les cultivateurs de plantes riches en protéines se disputent le gâteau.

Comment seront réparties les aides pour l’autonomie fourragère des exploitations annoncées par François Hollande ? Un groupe de travail, sous l’égide du ministère de l’Agriculture, est chargé de répondre avant la fin de l’année. L’enjeu porte sur 150 millions d’euros, provenant du couplage de 2 % des aides du 1er pilier de la Pac. Deux types de bénéficiaires sont en lice, assure-t-on au cabinet de Stéphane Le Foll. D’un côté, l’éleveur produisant certaines légumineuses fourragères, en particulier la luzerne. De l’autre, le cultivateur de plantes riches en protéines (lupin, pois, féverole, soja…) destinées à la consommation animale des élevages français, qui s’inscrit « dans une logique de filière et d’approvisionnement de proximité ». Reste à connaître le partage entre eux et les critères retenus.
 
Deux camps s’opposent
La FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) n’envisage pas que les 150 millions d’euros puissent bénéficier à d’autres qu’aux éleveurs. « Cette enveloppe pourrait en partie compenser les pertes des polyculteurs éleveurs, qui perdront beaucoup après la réforme de la Pac », juge-t-on à la fédération. Les laitiers ne voient pas l’intérêt de la contractualisation proposée par les producteurs de protéagineux, « puisque les aliments seraient toujours vendus aux prix du marché ».
La Fop (Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux) demande en effet que l’aide permette d’encourager des projets économiques s’inscrivant dans des dynamiques de filière. « Avant d’envisager un soutien, la question est de savoir si cela va entraîner des gains de productivité, explique son président Gérard Tubéry. Sinon, quand ce soutien disparaît, la production ne fonctionne plus. » La fédération propose d’orienter l’aide vers des filières organisées, réunissant dans un cadre partenarial et contractuel les producteurs de grains, éleveurs, organismes stockeurs et industriels. Elle s’oppose à toute mesure qui entrainerait des effets d’aubaine sans lendemain ou favoriserait des approches autarciques. « Un éleveur non compétitif aujourd’hui ne le sera pas demain avec une aide aux surfaces fourragères, considère-t-il. À l’inverse, les protéagineux ou le soja sont des productions aptes au progrès. Un développement de leurs surfaces motivera la recherche, encouragera la sélection en vue de nouvelles variétés, suscitera l’intérêt des organismes stockeurs, des industriels. »

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