Abonné

« Classe du goût »  Des Américains venus pour s'inspirer du modèle alimentaire français

- - 4 min

Des Américains ont suivi une « classe du goût », le 14 octobre, dans le cadre de la Semaine du Goût, dans une école primaire de Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne) pour s'inspirer du modèle alimentaire français. La délégation a noté que les efforts américains contre le déséquilibre alimentaire et l'obésité sont trop focalisés sur les recommandations nutritionnelles, oubliant le goût et la dimension conviviale.

UNE délégation de responsables de la nutrition scolaire des villes de New-York, Miami, Dallas et Chicago, invitée par la direction générale de l'alimentation (DGAL) du ministère de l'Agriculture et par l'ambassade de France à Washington, a suivi une « classe du goût » dans une école primaire de Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne) pour observer des méthodes différentes, afin d'endiguer le fléau du déséquilibre alimentaire.

« Les étudiants n'ont pas le temps de prendre de vrais repas »

Ces responsables de la nutrition ont noté que les efforts américains contre le déséquilibre alimentaire et l'obésité sont trop focalisés sur les recommandations nutritionnelles, oubliant le goût, qui aide à élargir la palette de diversité alimentaire. L'un d'eux, Dennis Barrett, directeur général de la nutrition pour les écoles de New-York, a reconnu : « Nous ne mettons pas assez l'accent sur la dimension du plaisir de déguster ». Il a insisté sur le problème du manque de temps consacré aux repas : « Les étudiants n'ont pas le temps de prendre de vrais repas et de se relaxer ». Et de déplorer : « Aux États-Unis, nous n'accordons pas assez de temps à l'acte de manger. Cela nous empêche de valoriser tout ce que nous savons sur l'équilibre alimentaire ».

Les scientifiques et les responsables américains ont en effet toute la connaissance suffisante sur l'équilibre nutritionnel, mais ces connaissances sont utilisées dans un sens étroit et peu attractif, car cantonné au domaine médical. La délégation est donc venue en France pour compléter sa conception de l'alimentation en assistant à une « classe de goût », une des formules déclinées par la Semaine du Goût.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

ministère de l'Agriculture
Suivi
Suivre
À la classe du goût : le plaisir et le temps de manger

LES Américains ont écouté les questions-réponses dans une classe où étaient rassemblés des élèves de CE2 et de CM2 : « Pourquoi mange-t-on ? », a demandé le directeur de l'école. « Pour survivre », « pour avoir des forces », « pour avoir de l'énergie et des vitamines », ont répondu des élèves.

« Quand mange-t-on ? », a poursuivi le directeur. « Quand on a faim », mais aussi « au moment des fêtes ». « Ces dimensions relationnelles de l'alimentation intéressent beaucoup les Américains. Ils voient qu'ils axent surtout la recherche de l'équilibre autour de la nutrition, et qu'ils passent à côté de la dimension du plaisir de manger et du lien social », a commenté Catherine Rogy, conseiller agricole adjoint à l'ambassade de France à Washington. Devant l'impasse qui est trop souvent faite sur l'alimentation pour gagner du temps, certaines collectivités américaines offrent le petit déjeuner aux écoliers. Le constat est que de plus en plus souvent les écoliers et les adolescents ne prennent plus le temps de prendre le petit déjeuner. Illustration qui montre l'ampleur du caractère convivial : « Quand le petit déjeuner est pris dans la classe, 80% des élèves y participent. Quand il est pris à la cantine, la fréquentation tombe à 30% », a témoigné Leslie Fowler, directrice des services de soutien à la nutrition des écoles de Chicago.