En France, les surfaces semées en blé hybride sont encore marginales, 5% selon un rapport du cabinet TerrEtude datant de 2007. Cette faible utilisation par les agriculteurs est principalement liée aux coûts élevés de production et d’achat de ces semences. Si pour le moment, le semencier Saaten Union est quasiment le seul à offrir des blés hybrides sur le marché français, Limagrain pourrait essayer de démocratiser l’utilisation de ces graines en diminuant les coûts de production, et donc de vente, d’ici à 2020. Toujours selon TerrEtude, en 2008 Saaten Union a vu sa production de semences de blé hybrides se réduire fortement suite à des incidents climatiques, empêchant l’entreprise de fournir la demande, et pénalisant la relance de ces variétés en 2009. Les surfaces cultivées en blé hybride en France seraient ainsi passées de 124 500ha en 2007 à 107 700ha en 2009, avec un point bas à 88 100ha en 2008, d’après TerrEtude. « Les blés hybrides devraient permettre des gains en rendements de l’ordre de 20% », a déclaré Daniel Chéron, directeur général de Limagrain, lors d’une conférence de presse le 21 décembre à Paris. De plus, des densités de semis beaucoup plus faibles permettent de valoriser au mieux les intrants, et d’en diminuer les doses, un point fort pour ces graines dans un contexte de valorisation des bonnes pratiques agricoles par la future PAC. Ces semences, dont les caractéristiques ne sont pas stables si l’on en sème les récoltes, offriraient aussi une opportunité de marché exceptionnelle aux semenciers si elles se diffusaient largement. En effet, selon Daniel Chéron, « en France, 50% des semis de blé sont d’origine fermière, et aux Etats-Unis ou en Australie ce taux peut monter à 80%, dans des systèmes extensifs ».
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