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Des cacahuètes bientôt résistantes aux aflatoxines grâce à la génomique

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Plants d'arachide dans la serre de l'institut HudsonAlpha. Crédits : © HudsonAlpha Institute for Biotechnology

Des chercheurs américains veulent lutter contre les aflatoxines en créant des variétés d’arachides dotées d’une protection intégrée contre ces mycotoxines produites par certains champignons toxiques pour la santé humaine et responsables de pertes de rendements.  

Riches en protéines, en graisses saines, en fibres et en vitamines et minéraux essentiels, les cacahuètes naturelles présentent un profil nutritionnel intéressant. Mais cette légumineuse peut être contaminée aussi bien dans les champs que pendant le stockage par l’aflatoxine, une toxine produite dans certaines conditions par des champignons Aspergillus. En dépit d’un contrôle qualité rigoureux, il existe un risque pour la santé humaine, pouvant notamment entraîner des lésions hépatiques, et un risque de pertes économiques pour les agriculteurs, en cas de destruction de la production. 

Une équipe de l’Institut de biotechnologie HudsonAlpha en Alabama a lancé un projet recherche en partenariat avec l’université de Géorgie visant à lutter contre ces toxines « en créant de variétés d’arachides dotées d’une protection intégrée contre les aflatoxines », est-il expliqué dans le communiqué de l’institut du 11 septembre 2024. Ce projet est soutenu en partie par le géant Mars Wrigley, plus grand fabricant mondial de chewing-gums, bonbons et autres confiserie. Le groupe qui figure parmi les cinq premiers acheteurs de cacahuètes comestibles au monde, estime qu'il est de son devoir « de relever certains de ces défis majeurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire, notamment l'aflatoxine », a déclaré Peggy Tsatsos, scientifique principale chez Mars. Josh Clevenger chercheur à l’Institut de biotechnologie HudsonAlpha codirige les recherches avec Peggy Ozias-Akins, PhD, professeure de recherche à l'Université de Géorgie. 

Augmenter l'expression de gènes existants 

L’équipe de chercheurs s’est penché sur d’autres systèmes de culture pour étudier leurs défenses contre les aflatoxines, parmi lesquels la noix de Tulare, l’une des principales variétés de noix cultivée en Californie et le sarrasin. « La noix de Tulare contient des composés antioxydants appelés tannins hydrolysables qui peuvent réduire la contamination par les aflatoxines », explique les chercheurs. De son côté, le sarrasin est « connu pour contenir des antioxydants appelés tocophérols qui réduisent probablement la contamination par les aflatoxines ». 

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L'équipe prévoit d’effectuer une étude génétique approfondie des voies de biosynthèse de ces deux antioxydants dans les arachides pour tenter d'améliorer leur expression dans les graines d'arachide. Après cette étude en profondeur, « nous sélectionnerons les gènes candidats à la transformation », explique l’une des chercheuses qui espère ainsi trouver une protection contre la biosynthèse des aflatoxines avant et après la récolte. » 

En parallèle de la lutte contre l’aflatoxine en augmentant les antioxydants dans les tissus des arachides, l’équipe espère également atténuer l’aflatoxine en s’attaquant à un problème souvent associé : la sécheresse. « Les champignons Aspergillus produisent des aflatoxines lorsque les conditions sont chaudes et sèches. En période de sécheresse, les arachides sont stressées, ce qui entraîne une production accrue d’aflatoxines. L’augmentation de la tolérance à la sécheresse des arachides pourrait atténuer la production et la contamination par les aflatoxines », détaille les chercheurs dans le communiqué.