Le ministre de l'Agriculture a annoncé la mise en place de cellules d'urgence, dans les départements concernés, pour faire le point sur les difficultés des éleveurs de porcs. Des reports et des prises en charges de cotisations sociales, et des allègements de charges financières sont prévus. En Bretagne, ces aides pourront atteindre 3200 à 5000 euros par an et par chef d'exploitation.
Après sa rencontre avec le président de la Fédération nationale porcine (FNP), le 17 février, le ministre de l'Agriculture a demandé aux préfets de départements de réunir des « cellules d'urgence », comme c'est déjà le cas pour la production de bovins viande. Ces cellules vont mettre en œuvre les dispositifs de gestion de crise suivants : reports ou prises en charge de cotisations MSA, et accès au Fonds d'allègement des charges financières. Le ministère souhaite aussi que ces cellules puissent évaluer les besoins dans chaque département, afin qu'il calibre son intervention département par département. Il compte également sur un engagement des banques à réduire le taux des prêts contractés par les producteurs, et à accorder des reports d'annuités. Les frais financiers pourraient être supportés par le Fonds d'allègement des charges. En Bretagne, le préfet de région a annoncé, le 18 février, le détail des aides sur son territoire. Ces aides pourront atteindre 3 200 à 5 000 euros par an et par chef d'exploitation. « Les pertes (des éleveurs, ndlr) ont été de 30 000 à 50 000 euros d'octobre 2014 à janvier 2015 », a rappelé le représentant de l'Etat.
La FNP demande des reports d'annuités
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La FNP plaide pour la solution les reports d'annuités « en fin de tableau », avec une prise en charge des frais financiers par les pouvoirs publics. « Nous préférons cette solution aux prêts à court terme. Le ministre s'est engagé à recontacter les banquiers à ce sujet », a expliqué le président de la FNP Paul Auffray, le 17 février. La FNP confie que le ministre se serait montré optimiste quant à la mise en place prochaine de mesures de stockage au niveau européen. « De plus en plus de pays y sont favorables, mais on ne rêve plus, on attend de voir », explique Paul Auffray, qui estime qu'une exploitation porcine « de taille moyenne » (200 truies) perd actuellement 10 000 euros par mois. Autant dire que les éleveurs attendent donc beaucoup de la visite du commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan sur le Salon de l'agriculture, qui débute le 21 février.
LA Fédération nationale porcine (FNP) demande la saisie du médiateur des relations commerciales agricoles, dans un communiqué du 19 février. « Il est grand temps de discuter concrètement des pistes à étudier et des pratiques à faire évoluer », expliquent les éleveurs. Le même jour, au marché du porc breton (MPB) de Plérin, la séance hebdomadaire s'est terminée, pour la deuxième semaine consécutive, sur une hausse de 5 centimes le kilo, à 1,190 € le kilo. Après avoir atteint, le 16 janvier, leur niveau le plus bas depuis 2010, à 1,077 € le kilo, les cours du cadran remontent. La séance s'est à nouveau déroulée en présence de plusieurs centaines d'éleveurs. « Les offres européennes (...) sont globalement insuffisantes face à la demande, d'où la hausse généralisée des cours », explique le MPB dans sa note de marché, du 19 février. La veille, les cours allemands avaient également rebondi, de 7 centimes le kilo. « On est encore loin du compte », réagit la FNP. « Avec un cours du porc qui clôture à 1,19 €/kg, soit 1,33 €/kg payé à l'éleveur (compte tenu des compléments de prix), quand le coût de production reste autour de 1,50-1,55 €/kg ». La FNP demande qu'une réflexion soit menée pour que « l'élevage porcin français retrouve de la rentabilité » durablement.