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Céréales et oléagineux Des champs en bonne forme

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Les champs de blé, d’orge et de colza se portent relativement bien. La pluie de ces dernières semaines a levé des inquiétudes concernant un éventuel déficit hydrique. Agriculteurs et techniciens restent néanmoins vigilants car la pression fongique demeure importante.

«La plaine est belle ». L’expression résume l’état des champs en cette fin du mois de mai. Au nord de la Loire ou juste au-dessous, les grandes cultures se portent plutôt bien. La rouille brune ou les pucerons, qui avaient tant sévi l’an passé, sont restés discrets. « Nous sommes loin des situations climatiques de l’an dernier », signale Gérard Briffaux, ingénieur régional chez Arvalis pour la zone Champagne. A ce jour, il estime le régime hydrique satisfaisant, et la végétation plutôt luxuriante en blé tendre comme en orge d’hiver. Plus au sud, les pluies de fin mai ont fait beaucoup de bien. Les plantes s’étant plutôt bien développées jusqu’alors, l’eau risquait de devenir un facteur limitant. « Dans nos terres séchantes, nous sommes souvent confrontés à des situations problématiques, remarque Mickaël Mimeau, conseiller grandes cultures chez Dijon Céréales. Mais 30 à 60 mm sont tombés en un week-end fin mai, ce qui a mis fin aux risques de pénurie ».

Les réserves hydriques regonflées

Dans le Loir-et-Cher, « la réserve est regonflée à 75 % », se rassure Christian Goussault, conseiller à la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, qui craignait un début de déficit. Chez Civray-Capsud, dans la Vienne, François Thomas est lui aussi plus serein, « à condition que les parcelles soient bien protégées ». Car la pression maladie est là. « Les risques septoriose et piétin-verse montent », note le technicien. Dans le Nord Pas-de-Calais, la vigilance est de mise : « Nous avons eu plusieurs jours de vent et d’averse, indique Isabelle Vandamme, qui travaille au service technique d’Unéal. Le dernier fongicide n’a pas été évident à positionner ». D’autant plus que le risque fusariose se précise. Dans l’Oise, François Dumoulin, conseiller à la chambre d’agriculture, s’attend pour sa part à une poussée de la maladie sur les variétés tardives.

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Des parcelles mieux protégées

Mais pour l’instant, rien ne semble dramatique. Car les agriculteurs n’hésitent pas à traiter lorsque le besoin s’en fait sentir. « Les parcelles sont relativement saines compte tenu des échecs que les agriculteurs ont rencontrés en 2007 et qui les ont poussés à mieux protéger leurs cultures », observe François Dumoulin. Il faut dire aussi que la hausse des cours des céréales redonne tout son intérêt au gain de rendement. Si la pression maladie est bien réelle, compte tenu de la pluviométrie et des températures, les champignons sont donc pour l’instant davantage visibles dans les parcelles expérimentales que sur les fermes. Les agriculteurs semblent avoir plutôt misé sur une stratégie en trois traitements fongicides, contre deux en 2007 voire zéro sur certaines parcelles. Mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Les orges de printemps en retrait

Seules les orges de printemps semblent poser plus de difficultés. Dans plusieurs régions, comme en Bourgogne, les conditions de semis et de levée ne se sont pas révélées optimales. Les fortes chaleurs ont favorisé la croissance en longueur des tiges, mais celles-ci sont restées fragiles et n’ont pas toujours bien réagi aux fortes pluies. Globalement, les conseillers de terrain voient donc plutôt d’un bon œil la campagne en cours, qui suit « une bonne trajectoire ». Mais personne ne se risque aux pronostics de récolte compte tenu des déconfitures de l’an passé.