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Des chercheurs développent des nanoparticules pour une administration ciblée de pesticides

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La professeure Nicole Steinmetz avec un modèle agrandi du virus de la mosaïque du tabac. Crédits : © David Baillot/École d'ingénierie Jacobs de l'UC San Diego

Une équipe de chercheurs américains a testé des nanoparticules sphériques pour lutter contre les nématodes parasites présents dans les sols. Cette technologie pourrait aider les agriculteurs à réduire leurs besoins en pesticides tout en préservant la santé des cultures.

Les pesticides couramment utilisés ne viennent pas à bout des infestations causées par les nématodes, ces vers parasites dont certaines espèces endommagent le système racinaires des cultures. Des chercheurs de l'université de Californie à San Diego ont développé des nanoparticules, fabriquées à partir de virus végétaux, capables de délivrer des molécules de pesticides à des profondeurs dans le sol auparavant inaccessibles et donc plus efficaces.

L’équipe dirigée par Nicole Steinmetz, professeur de nano-ingénierie à la Jacobs School of Engineering de l'UC San Diego, a voulu démontrer l’utilité des nanoparticules sphériques dans la lutte contre les nématodes. Les résultats ont été publiés dans la revue Nano Letters le 16 juin 2023. 

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Des tests en conditions réelles à venir

« Nous créons des nanoparticules pour une administration ciblée de pesticides », a déclaré Nicole Steinmetz, dans le communiqué du 21 septembre 2023, une technologie qui permet d’améliorer l’efficacité du traitement sans qu’il soit nécessaire d’augmenter les doses. Cette innovation aiderait aussi à réduire la contamination des sols et des eaux souterraines par les pesticides. Pour cela, les chercheurs ont utilisé le virus de la mosaïque du tabac, dont l’une des particularités tient à sa capacité à se déplacer facilement dans le sol. Les chercheurs ont modifié ces nanoparticules virales, les rendant non infectieuses pour les cultures en supprimant leur ARN. Ils ont ensuite utilisé une méthode permettant d’encapsuler le pesticide dans les nanoparticules sans modifier l’ingrédient actif. Au cours de plusieurs essais, les nanoparticules ont réussi à transporter les pesticides jusqu'à des profondeurs « d'au moins 10 centimètres ». Même si les chercheurs n’ont pas encore testé les nanoparticules sur les nématodes directement dans le sol, ils ont procédé à des essais dans des boîtes de Petri et éliminé « au moins la moitié de la population de nématodes ». 

Pour Nicole Steinmetz, la prochaine étape consistera à tester les nanoparticules sur de véritables plantes infestées afin d'évaluer leur efficacité en conditions réelles. Ce projet sera mené en collaboration avec le laboratoire de recherche horticole des États-Unis (US Horticultural Research Laboratory). Son équipe prévoit aussi un partenariat industriel pour transformer les nanoparticules en un produit commercial.