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Des chercheurs utilisent des champs magnétiques pulsés pour cultiver de la viande in vitro

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La bobine électromagnétique grâce à laquelle les chercheurs ont produit de la viande in vitro. Crédits : © NUS

Une équipe de chercheurs de l’Université nationale de Singapour (NUS) a réussi à produire de la viande in vitro à l’aide de champs magnétiques pulsés. Cette découverte ouvre des perspectives encourageantes pour une plus grand viabilité économique de la viande in vitro.

Publiée en août 2022 dans la revue scientifique Biomaterials, l’étude présentée par des chercheurs de l’Université nationale de Singapour (NUS) pourrait apporter une réponse aux défis du secteur de la viande in vitro. Ces derniers ont eu recours à une méthode innovante : utiliser des aimants pour stimuler la croissance de cellules souches myogéniques, présentes dans les fibres musculaires et les tissus de la moelle osseuse. Ces cellules soumises à une exposition de courte durée à des champs magnétiques libèrent « une myriade de molécules qui ont des propriétés régénératrices, métaboliques, anti-inflammatoires et renforçant l'immunité », expliquent les chercheurs dans un communiqué. L’ensemble de ces molécules, appelées le « sécrétome » sont nécessaires à la croissance, à la survie et au développement des cellules dans les tissus.

La libération de sécrétomes stimulée magnétiquement en laboratoire à faible coût, pourrait selon les chercheurs « éliminer le besoin d’utiliser du sérum fœtal bovin pour la production de viande in vitro », qui est actuellement prélevé en abattoir pour un coût élevé et fragilise le modèle économique du secteur. Dans cette expérience, les cellules souches myogéniques ont servi « de bioréacteur pour produire le sécrétome riche en nutriments nécessaires pour la croissance de la viande in vitro ».

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En plus de leur application en agroalimentaire, les protéines ainsi produites pourraient aussi être utilisées en médecine régénérative, notamment pour traiter des cellules malades. Les chercheurs ont découvert qu’elles « accélèrent leur récupération et leur croissance ». Ces travaux sont déjà brevetés et les chercheurs sont en contact avec des industriels pour commercialiser leur technologie.

L’équipe de scientifiques était dirigée par Alfredo Franco-Obregón et Yong Loo Lin de la faculté de médecine de la NUS.