Le 26 mars, des collectifs régionaux ont mené une journée d’action contre la prophylaxie obligatoire de lutte face à la fièvre catarrhale ovine (FCO). Ces éleveurs jugent que la campagne d’éradication du virus de la FCO mise en place par le ministère de l’Agriculture est inefficace.
Environ 70 collectifs régionaux de lutte contre la vaccination obligatoire des ruminants contre la fièvre catarrhale ont mené une journée d’action le 26 mars. Des membres de ces groupes qui profitent du relais national de la Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique) de la Confédération paysanne et du Syndicat de l’agriculture biodynamique (SABD) ont rencontré les autorités sanitaires pour leur remettre pétitions, courriers et demandes de dérogation contre la prophylaxie obligatoire. Selon eux, « la désinsectisation est à la fois inefficace et dangereuse pour l’environnement, les éleveurs et les animaux de la ferme ». Ils dénoncent également la vaccination qui, « si elle peut parfaitement être utilisée par un éleveur souhaitant protéger son troupeau dans des circonstances particulières, n’a aucun sens en tant que mesure obligatoire. En effet, la FCO n’est pas une maladie contagieuse, mais une maladie vectorielle (portée par une mouche) ».
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Des animaux déjà immunisés
La coordination nationale des collectifs conteste la qualification de crise sanitaire. Selon ces membres, une majorité de troupeaux ne subissent qu’un impact limité, avec des signes cliniques sur un faible nombre d’animaux et un rétablissement assez rapide. Ils soulignent que la présence du virus chez la faune sauvage rend très improbable une éradication de la maladie. Les éleveurs demandent donc à pouvoir utiliser d’autres méthodes de prévention et de traitement de la maladie, comme le développement de l’immunité naturelle des animaux. « La campagne de vaccination obligatoire va conduire à vacciner des animaux déjà immunisés », déplorent les éleveurs contestataires, d’autant qu’une fois vaccinées il ne sera plus possible de sélectionner les lignées résistantes dans les troupeaux en prévision de l’arrivée d’autres sérotypes du virus. Dans un communiqué commun du 26 mars, les collectifs demandent donc la levée immédiate de l’obligation, l’arrêt du programme de désinsectisation et l’indemnisation des pertes dues à la vaccination.