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Productions animales Des concurrents plus efficaces

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Les échanges français en viande accroissent leur déficit en 2009 (-623 millions) par rapport à l’an passé (-318 millions), selon le SSP (Service de la statistique et prospective). Du fait notamment de la baisse des exportations de produits « à base de viande » en 2009 (3 970 millions d’euros) par rapport à 2008 (4 340 millions). En revanche, le solde du commerce extérieur en animaux vifs reste positif et augmente même légèrement de 8% en 2009. L’ensemble des exportations en vif sont en hausse très modérées en 2009 (1 830 millions) par rapport à 2008 (1 783 millions). Le dynamisme provient essentiellement des ventes françaises de bovins vivants qui représentent 1191 millions d’euros en 2009 contre 1 123 en 2008. Quant aux volumes de bovins finis exportés, ils sont en augmentation de 40%, après une année marquée par la FCO.

L’année 2009 n’aura définitivement pas été celle du rayonnement des produits carnés français sur la scène internationale. Les exportations de produits à base de viande sont en baisse en 2009 (3 970 millions d’euros) par rapport à l’année précédente (4340 millions), selon le SSP (Service de la statistique et prospective). Quant aux exportations en vif, elles sont en hausse très modérées en 2009 (1 830 millions) par rapport à 2008 (1 783 millions). À l’exception des exportations de bovins vivants qui représentent 1 191 millions d’euros en 2009 contre 1 123 en 2008. Les volumes de bovins finis exportés sont, eux, en augmentation de 40% après la très mauvaise année 2008 due à la FCO.
De fait, les exportations françaises de viandes ne pèsent pas lourd dans les échanges européens en 2009. Les ventes de viande porcine française représentent 787 millions d’euros en 2009. Selon les données Eurostat sur les onze premiers mois 2009, elles arrivent loin derrière celles de l’Allemagne (2 570 millions), suivies de celles du Danemark (2 090 millions) puis de l’Espagne (1502), des Pays-Bas (1180 millions) et de la Belgique (1067 millions). En viandes bovines, les exportations françaises ne sont pas vraiment mieux placées. Elles représentent 970 millions d’euros en 2009. Or, les exportations des Pays-Bas en viande bovine représentent 1704 millions, 1273 millions pour l’Allemagne et 1124 pour l’Irlande. Quant aux exportations en viande de volaille en 2009, celles de l’Allemagne dépassent de loin celles de la France, avec respectivement 1138 millions et 842 millions.

Manque de compétitivité des filières porcs et volailles françaises
Mais pourquoi la France est-elle autant en difficulté sur ces exportations de viande par rapport à ses concurrents européens ? En ce qui concerne les filières françaises de porc et volaille, il semble que le manque de compétitivité et la taille des opérateurs soient les principales causes.
« Le secteur de l’aval français dans la filière porcine a pris du retard dans la perception de l’évolution de la demande internationale et européenne au cours des dernières années, explique Yves Trégaro, économiste à FranceAgriMer. Au sein de l’Union européenne, 80% des tonnages échangés entre 2000 et 2008 sont des viandes fraîches. La plus forte progression des tonnages échangés concerne la viande désossée fraîche. Un doublement des volumes a été observé en 10 ans. » L’Allemagne, désormais leader du marché, réalise un peu moins d’un tiers des exportations en volume. En 10 ans, elle a augmenté ses exportations de viande désossée fraîche de 180 000 tonnes. La France, quant à elle, participe à ces échanges de viande désossée fraîche à hauteur de 4% seulement et n’a augmenté ces volumes que de 17 000 tonnes sur 10 ans. Pour Yves Trégaro, « les opérateurs espagnols et allemands se sont engagés dans des opérations de restructuration qui ont conduit à l’accroissement des capacités de découpe et désossage. ». La situation géographique de la France dans l’UE, désormais excentrée depuis l’entrée de nouveaux Etats membres, n’est pas non plus étrangère à ce retard. Mais pour Jan-Peter van Ferneij, économiste à l’Ifip (Institut du Porc), c’est surtout le coût de la main d’œuvre, bien moins chère en Allemagne, qui pénalise la France.
Une raison qui handicape aussi la filière française de volaille, selon Pascale Magdelaine, économiste à l’Itavi (Institut technique de l’aviculture). Les exportations françaises en viande de volaille vers l’UE sont en effet en repli de 0,7 % en volume de janvier à octobre 2009. Et elles diminuent également en valeur en 2009 (510 millions d’euros) par rapport à 2008 (578 millions). « Le recul des exportations françaises est surtout sensible chez nos deux principaux clients, l’Allemagne et le Royaume-Uni, explique Pascale Magdelaine. En frais, on assiste au développement des productions locales en Allemagne et en Pologne. Et en congelé, il y a une concurrence sur ces deux marchés des importations en provenance du Brésil et de Thaïlande à des prix bien plus bas. »

Reprise des exportations de bovins finis après l’épisode de la FCO
Ces dernières années, la filière bovine a vu ses échanges intra-communautaires pénalisés pour des raisons sanitaires. « La France est majoritairement exportatrice d’animaux maigres et jeunes bovins, explique Philippe Chotteau, économiste à l’Institut de l’élevage. Or les flux de bovins vivants avaient été stoppés à l’automne 2007 à cause de la FCO (fièvre catarrhale ovine). Les exportations sont restées très handicapées jusqu’au printemps 2009. Elles sont reparties grâce à la vaccination obligatoire et aux accords sanitaires entre France, Espagne et Italie. Mais les problèmes de fertilité dans le cheptel allaitant au printemps 2009 vont encore peser sur les disponibilités pour l’export en 2010. »

Des ventes aux pays tiers desservies par l’Union européenne
En ce qui concerne les ventes françaises vers les pays tiers, c’est essentiellement le secteur de la volaille qui est affecté. Les exportations françaises en viande de volailles diminuent en 2009 (332 millions d’euros) par rapport à 2008 (372 millions). Et de janvier à octobre 2009, les volumes échangés (en tonnes équivalent carcasse) se replient de 4,7 %. Ce recul, Pascale Magdelaine l’explique par l’impact des accords de Marrakech, prévoyant une diminution des exportations subventionnées vers les pays tiers. À cela, s’ajoute le problème de la monnaie européenne. « L’euro fort pèse sur la compétitivité européenne, ainsi que les exigences réglementaires européennes de bien-être, de sanitaire et de protection de l’environnement », explique la spécialiste. En revanche pour les autres filières, les échanges avec les pays tiers ne sont pas notables. « Les exportations françaises de bovins sur les pays tiers sont négligeables en viandes, explique Philippe Chotteau. Quant à celles de viandes porcines, Jan-Peter van Ferneij explique que la France n’exporte pas tellement vers les pays Tiers (136 millions d’euros en 2009), contrairement au Danemark (778 millions d’euros sur les 11 premiers mois de 2009 selon Eurostat) et dans une moindre mesure l’Allemagne (250 millions). »

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