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Prix alimentaires et pétroliers Des crédits de la Pac pour aider les pays en développement

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Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, réunis les 19 et 20 juin à Bruxelles, ont pris l’engagement d’accentuer leur aide à l’investissement agricole dans les pays en développement. Ils entendent ainsi répondre à la flambée des prix alimentaires qui met « particulièrement à rude épreuve les pays les plus pauvres du monde ». Un engagement qui conforte le projet de la commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, d’utiliser une partie des crédits non utilisés de la Pac pour soutenir l’agriculture des pays du tiers monde.

En marge du sommet européen, un haut fonctionnaire a indiqué que la Commission présenterait avant la fin juillet une proposition aux Vingt-sept en vue de transférer une partie des crédits non-utilisés de la Pac pour subvenir aux besoins de l’agriculture des pays en développement, en procédant notamment à des achats d’engrais ou de semences. Un crédit compris entre 500 millions et un milliard d’euros pourrait être débloqué pour ces actions. Ces fonds seraient prélevés à l’intérieur de la marge financière (3 milliards d’euros pour 2008) en dessous du plafond des dépenses agricoles fixées par les perspectives financières 2007/2013. La Commission pourrait proposer de prélever les crédits sur un ou deux exercices budgétaires. Le Conseil européen, qui a noté avec satisfaction « la volonté de la Commission de présenter une proposition visant à instaurer un nouveau fonds de soutien à l’agriculture dans les pays en développement », souligne que « l’Union œuvrera en liaison étroite avec les Nations unies et d’autres organisations internationales ».

Par ailleurs, une autre initiative liée à la hausse des prix alimentaires est en préparation à Bruxelles pour aider les populations les pauvres de l’Union. Le projet est de porter de 300 à 500 millions d’euros les crédits annuels de l’aide alimentaire destinée aux personnes les plus démunies vivant dans l’UE. La Commission pourrait présenter une proposition aux Vingt-sept le 17 septembre.

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Aucune mesure pour contrer la flambée des prix pétroliers

Aucun engagement n’a été pris par le sommet européen pour atténuer les effets de la hausse continue du prix du pétrole. Le président français, Nicolas Sarkozy, n’est pas parvenu à convaincre ses partenaires de plafonner la TVA sur les carburants pour apaiser la grogne des professionnels et des ménages confrontés à la hausse des produits pétroliers. « Il n’y a pas de solution miracle. La hausse des produits pétroliers est un problème structurel qui nécessite des solutions structurelles », a ainsi souligné le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. L’idée du président français a rencontré l’opposition de plusieurs gouvernements, dont l’Allemagne, qui redoutaient notamment ses effets budgétaires et un frein à la nécessaire émancipation par rapport aux énergies fossiles. Le Conseil a simplement souligné que des mesures « de courte durée et ciblée » peuvent être envisagées « pour atténuer les effets de cette hausse sur les tranches les plus pauvres de la population ». Le Conseil européen a souligné, par ailleurs, qu’il fallait faire en sorte que les politiques relatives aux biocarburants s’inscrivent dans la durée, en fixant des critères de durabilité pour la production de biocarburants de première génération et en encourageant le développement de biocarburants de deuxième génération.