La prolifération d'espèces invasives risque d'entraîner la disparition de cultures entières, a alerté l'Afidol (Association française interprofessionnelle de l'olive) le 14 avril à l'Assemblée nationale. Plusieurs moyens de lutte doivent être combinés, a estimé un chercheur de l'Inra.
« On constate ces dernières années une montée en puissance d'insectes », a témoigné le président Olivier Nasles, lors d'une réunion ouverte à la presse du comité parlementaire de suivi du risque ambroisie et autres espèces invasives, en citant les attaques de mouche de l'olive, du noyer, mais aussi de drosophiles sur les cerisiers, la vigne. « Il faut trouver des solutions, sinon des cultures entières vont disparaître », a souligné Olivier Nasles, évoquant aussi un phénomène de « déconversion » d'agriculteurs bio. D'importants dégâts sont apparus l'an dernier, avec 70 % de perte de récolte pour l'olive, 10 à 15 % dans les vignobles en Languedoc et Provence, une « quasi-destruction » des cerises dans le Vaucluse, et « pas mal de pertes » en noix du Périgord, selon lui.
Appel à des moyens pour la recherche
D'où sa demande de moyens pour la recherche, notamment en faveur des petites productions. Cela découle de plusieurs interrogations concernant la mouche de l'olive : sur la connaissance du parasite, pour améliorer la lutte, sur l'équilibre entre espèces, afin de comprendre le rôle des prédateurs naturels, sur la diminution des traitements insecticides, qui expliquerait en partie la prolifération des nuisibles.
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« On dénombre énormément d'espèces envahissantes, a noté Xavier Reboud, chercheur en santé des plantes et environnement à l'Inra. Pas une année ne passe sans qu'une nouvelle espèce apparaisse. » L'explication avancée tient à des modifications du milieu, souvent liées à l'activité humaine, le réchauffement climatique venant s'y ajouter. Concernant les moyens de lutte, trois grandes familles existent. La génétique constitue un levier majeur, l'agronomie est aussi très utilisée, reste enfin l'utilisation de produits phytosanitaires. « Il faut combiner les moyens de lutte », a estimé Xavier Reboud. Les députés ont largement adopté, le même jour en première lecture, le projet de loi sur la santé, avec un amendement sur la lutte contre les espèces végétales et animales envahissantes (1). Objet d'une procédure accélérée, le texte pourrait être examiné au Sénat en septembre.
(1) Voir n°3492 du 13/04/15