La Commission européenne a rejeté, lors du Conseil agricole de l’UE du 24 février à Bruxelles, de nouvelles demandes de mesures «d’urgence» formulées par l’Espagne pour faire face aux perturbations du marché céréalier provoquées par la faible récolte 2003/04 qui avait été affectée par la sécheresse. Avec l’appui de Lisbonne, Madrid réclame l’ouverture d’adjudications pour l’importation à taux réduit de maïs et de sorgho et le déblocage de quantités plus importantes de seigle des stocks publics à un prix proche du prix d’intervention.
Selon Madrid, «la faible récolte céréalière enregistrée en Europe au cours de la campagne 2003-2004 (183 millions de tonnes, alors qu'une récolte normale est de l'ordre de 212 millions de tonnes), la disponibilité moindre de céréales sur le marché mondial et la hausse disproportionnée du fret pour les importations ont engendré d'importantes perturbations sur le marché céréalier espagnol, déjà fortement déficitaire, où l'offre réduite et la hausse importante et constante des prix menacent même la viabilité des secteurs industriels de la transformation de ces produits (minoterie-boulangerie, élevage, grits destinés à divers usages, etc.)».
«Injustifié», selon M. Fischler
«Je voudrais souligner que les prix de marché élevés ne sont pas un problème seulement pour les pays du sud de l’UE. Nous avons un marché unique et les prix des céréales fourragères sont élevés dans toute la Communauté», a répondu le commissaire à l’agriculture, Franz Fischler. La Commission, a-t-il ajouté, «a utilisé tous les moyens raisonnables de gestion du marché pour faire face à la situation. En particulier, elle a suspendu toutes les incitations à l’exportation, ouvert tous les stocks d’intervention pour la vente sur le marché intérieur ainsi que l’adjudication pour l’importation de sorgho». De plus, a noté M. Fischler, le taux de gel des terres a été réduit de 10 à 5% pour la récolte 2004.
Les mesures réclamées par l’Espagne - ouverture d’une adjudication spéciale de seigle pour les Etats membres du Sud ou bien subventions pour le transport de cette céréale - «seraient injustifiées et pourraient créer plus de problèmes qu’elles n’en résoudraient», a affirmé le commissaire européen, qui a aussi expliqué que «des importations de maïs américain en Espagne ont déjà lieu, de telle sorte qu’il n’est pas nécessaire de prévoir des droits spéciaux d’un niveau inférieur».
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Lors du Conseil, la Finlande, appuyée par la Suède, a rappelé l’existence, dans le nord de l’Europe, d’excédents d’avoine, produit dont le prix de marché moyen est inférieur au prix d’intervention.
(FXS)
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