Dans un rapport rendu public le 29 mai sur la situation des travailleurs détachés en Europe, des députés (SRS, UDI) dénoncent une législation européenne « insuffisante et largement inefficace », encourageant le développement du travail « low-cost ». Ils demandent à la Commission européenne d’introduire la notion de salaire minimum de référence par branche.
«Nous sommes à un moment où on peut basculer dans la jungle sociale généralisée », a indiqué le 29 mai le député PS Gilles Savary. Avec deux autres députés, Chantal Guillet (PS) et Michel Piron (UDI), il vient de rendre public un rapport qui propose des pistes d’amélioration des conditions dans lesquelles se réalisent, aujourd’hui, les prestations de service en Europe. L’affaire concerne précisément les travailleurs « détachés », envoyés exercer provisoirement leurs fonctions, par leur employeur, dans un autre État membre de l’Union. La Commission européenne estime leur nombre à 1 million (2009), un chiffre qui atteindrait 1,5 million aujourd’hui, une grande part n’étant pas déclarée. En France, les détachements de travailleurs européens sont évalués à 300 000, dont 140 000 légaux seulement. « Nous ne sommes pas dans une logique de rétrécissement ou de fermeture des frontières », a prévenu en préambule Gilles Savary, et ce d’autant que la France elle-même se classe au 3e rang en termes de détachement en Europe.
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