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Bovins Des difficultés à l'export tant en bovins vifs qu'en viande bovine

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Selon une étude de l'Institut de l'élevage publiée le 14 janvier, les exportations de la filière bovin viande sont à la peine : tant en viande, qu'en vif.

«EN octobre, les exportations françaises de viandes bovines fraîches et congelées se sont à nouveau rétractées », selon une étude de l'Institut de l'élevage publiée le 14 janvier. Ainsi, les volumes exportés en octobre 2013 sont inférieurs de 6% à ceux exportés en octobre 2012. La baisse la plus marquée concerne les envois vers l'Allemagne (-13%) ou encore l'Italie (-4%). Le marché européen de la viande bovine est pesant depuis plusieurs mois pour plusieurs raisons. D'une part, la Pologne propose des prix défiant toute concurrence, particulièrement depuis début 2012. D'autre part, la demande dans les pays de l'Europe du Sud et en Allemagne se replie. Les bovins vifs n'échappent pas non plus à un recul des débouchés. De fait, si les envois vers le Liban et le Maghreb ont progressé, ils n'ont pas permis de compenser la fermeture du marché turc. Rien que sur les exportations de mâles finis, les volumes ont baissé de 65% par rapport à 2012 en cumul de janvier à octobre toutes destinations confondues. Néanmoins, « les envois ont rebondi en toute fin d'année avec l'ouverture au 1er janvier du contingent algérien à droits nuls ».

Conséquences

Face à un marché européen contraignant, la filière française de viande bovine parvient à trouver des débouchés sur son marché intérieur. Et pour cause, ce dernier enregistre un manque de viande de femelles : « Les abattages de femelles sont toujours faibles, signe d'une rétention pour produire plus de lait ou maximiser les droits à prime côté allaitant », selon l'Institut de l'élevage. Ce manque créée un débouché pour la viande de mâles.

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Concernant les bovins vifs, « les disponibilités pour l'abattage sont gonflées par le recul des exportations ». Ainsi, les abattages de jeunes bovins ont augmenté en novembre 2013 de 15% par rapport à novembre 2012, mais « la hausse n'a pas suffi à résorber l'excédent de mâles dans les exploitations ». Selon la BDNI (base de données nationale d'identification), le nombre de mâles allaitants et croisés âgés de 1 à 2 ans est supérieur de 5% au 1er novembre 2013 par rapport à 2012. La tendance est un peu moins marquée pour les mâles laitiers (+3%). Au total, cela représente 27 000 têtes de plus dans les élevages.

Les prix de l'agneau se maintiennent à des niveaux records

«Le cours français de l'agneau a terminé l'année 2013 à des niveaux records », selon une étude de l'Institut de l'élevage publiée le 13 janvier. La tendance est entretenue par le manque de disponibilités d'animaux dans le pays depuis l'été. Selon FranceAgriMer, le prix moyen pondéré fin décembre est 4% au-dessus de celui de l'année précédente, soit 6,54 euros le kilo de carcasse. Parallèlement, la consommation est en nette diminution. Selon le panel Kantar, les ménages ont diminué leurs achats de 10% sur la période du 4 novembre au 1er décembre 2013. « En cumul sur 11 mois, les volumes achetés reculent de 3% par rapport à 2012 », rapportent les experts de l'Institut de l'élevage.