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Prairies Des élevages français à haute valeur environnementale

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L’élevage de ruminants est régulièrement attaqué pour ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais selon une étude présentée lors des journées de printemps de l’Association française pour la production fourragère, la prise en compte du stockage de carbone sous les prairies de même que des bienfaits sur la biodiversité, place les élevage à l’herbe à un niveau élevé de performance environnementale.

«La majorité des systèmes d’élevage herbivores français présente de bonnes performances environnementales », a affirmé André Le Gall, à l’occasion des journées de printemps de l’Association française pour la production fourragère (AFPF) qui se tenaient les 25 et 26 mars au ministère de l’Ecologie. Selon le chef du service conduite et traite des troupeaux laitiers à l’Institut de l’élevage, même si les indicateurs environnementaux qui pourraient être retenus pour la future certification environnementale des exploitations ne sont pas encore clairement définis, les systèmes herbivores devraient être plutôt bien placés par rapport à la « haute valeur environnementale » (HVE). Ces résultats sont issus d’une étude comparative de l’empreinte écologique des différents systèmes d’élevage bovin français (laitiers et viande) menée par l’Institut de l’élevage et l’Inra.

Peu de différence entre les systèmes

En dehors des systèmes en agriculture biologique qui demandent 25% d’énergie en moins, la plupart des types de production d’herbivores (intensif de l’Ouest, extensif de Massif Central ou herbagers du Nord-Ouest) ont une consommation moyenne en énergie fossile proche.

Des marges de progrès de l’ordre de 20 à 30% sont possibles. Par contre, au niveau mondial, les consommations sont plus contrastées. « Il faut 3 à 4 mégajoules (MJ) pour produire un litre de lait dans l’Ouest de la France, 5MJ au Pays-Bas et 1,4MJ dans les systèmes néo-zélandais basés sur le pâturage », constate André Le Gall.

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Les prairies : puits de carbone

La mesure des émissions de GES est par contre très défavorable à l’élevage bovin principalement du fait des rejets de méthane produit par les ruminants. « Seulement, a précisé André Le Gall, ces calculs ne prennent pas en compte le stockage de carbone sous les prairies, ni la fantastique réserve de biodiversité qu’elles constituent avec leurs haies… ». Des études montre que le retournement d’une prairie pour produire des grandes cultures entraîne l’émission d’une tonne de CO 2 par an et par hectare pendant les 20 premières années. Comme pour la consommation d’énergie, les émissions moyennes de GES sont peu variables d’un système à l’autre, mais des améliorations importantes sont possibles dans les exploitations.

Les voies d’amélioration de la performance environnementale sont connues

« On est au milieu du gué,estime le chef de service de l’Institut de l’élevage, l’amélioration environnementale tiendra surtout au perfectionnement de méthodes déjà connues ». Les chercheurs ont déjà quelques idées pour obtenir des élevages à haute valeur économique et environnementale. Le recours à des légumineuses, comme le trèfle blanc, dans les prairies pourrait diminuer les besoins d’apports en engrais azotés, une fertilisation basée sur les engrais de fermes également. Et bien sûr, l’utilisation de sources de protéines d’origine européenne devrait être encouragée. Mais le plus important, comme la HVE n’apporte pas aujourd’hui de plus-value économique, les éleveurs ne s’engageront que si des politiques cohérentes et pérennes sont mises en place.