La chaire « Management des risques en agriculture », créée par Groupama Paris Val de Loire et l'institut polytechnique LaSalle, a présenté le 25 juin une typologie des agriculteurs en fonction de leur rapport à l'assurance.
Lancée en septembre 2014, la chaire « Management des risques en agriculture » a travaillé, une année scolaire durant, à un projet de recherche qui a permis de distinguer trois types de profils d'assurés, en fonction des attentes de chacun.
L'étude, réalisée par les élèves ingénieurs de 4e année, visait initialement à mieux comprendre la perception que les agriculteurs ont du risque. Interrogés par les étudiants, le panel, composé d'agriculteurs de l'Oise et de la Somme, s'est finalement montré plus enclin à parler du lien agri-culteurs-assureurs. L'objet de l'étude s'est alors focalisé sur la perception de l'assurance par les agriculteurs.
Trois profils apparaissent :
– « les agri-managers » qui veulent autant un prix compétitif qu'un service performant. La plupart est issue d'exploitations de grande taille (plus de 150ha)
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– « les nouveaux installés » qui voient en l'assurance un investissement utile pour un service performant de conseil. Parmi eux, une part non négligeable de nouveaux agriculteurs qui viennent à l'agriculture après une première vie professionnelle différente. La chaire envisage d'ailleurs d'étudier plus précisément cette population dans le futur.
– « les mutualistes résidents », âgés entre 40 et 65 ans, fidèles à leur assureur.
L'identification des trois profils types prouve, selon Groupama, qu'il est nécessaire d'ajuster les produits d'assurance aux différentes attentes. Cependant, un point commun émerge : les agriculteurs plébiscitent plus de conseil. Pour Eric Gelpe, directeur général de Groupama Paris Val de Loire, cette étude conforte les assureurs dans leur idée qu'il est nécessaire de « réinventer le métier ». Il faut désormais passer de la simple gestion à l'accompagnement des agriculteurs vers une meilleure compréhension des nouveaux risques, liés aux mutations de l'agriculture, qu'ils encourent : environnementaux, réglementaires, techniques ou sociétaux.
A l'invitation de Groupama Paris Val de Loire, l'avocat Antoine de Lombardon a fait part, lors d'une conférence de presse le 25 juin, de son analyse sur le lien entre risque et taille des exploitations. Selon lui, si les grandes exploitations sont plus « dangereuses », elles ne sont pas plus sujettes au risque ; le risque se définissant comme « la probabilité de survenance d'un danger ». Au contraire, les grandes exploitations sont plus cadrées, a priori, avec la nécessité de d'obtenir une auto-risation d'exploiter, mais également a posteriori, avec des contrôles plus fréquents que dans les autres exploitations, indique M. de Lombardon. Une analyse qu'il illustre par le nombre bas d'accidents technologiques dans le secteur agricole (111 accidents recensés en 2013 sur les 490 000 exploitations agricoles françaises). Son argumentaire est plus difficilement vérifiable, il l'admet, quant aux risques économiques.