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Porc Des éleveurs inquiets face à la chute des cours

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Depuis plusieurs semaines déjà, les cours du marché du porc sont au plus bas. Lundi 25, un record de baisse, anormal en cette saison, était atteint : 0,992 euro/kg. Face à cette situation, la Fédération nationale porcine (FNP) n’entend pas baisser les bras et demande des comptes aux entreprises « qui consacrent plus d’énergie à se faire la guerre qu’à s’organiser pour améliorer la mise en marché ».

L’inquiétude est unanime chez les éleveurs de porcs depuis quelques jours. Et ce n’est pas la très faible hausse de 0,3 centime intervenue jeudi 28 avril au Marché du porc breton (MPB) à Plérin (Côtes-d’Armor), qui inversera ce sentiment. Les cours du porc ont anormalement chuté ces dernières semaines pour atteindre un record en cette saison : 0,992 euro/kg lundi 25 avril. Déjà quelques jours plus tôt, le 21 avril, les éleveurs avaient exprimé leur réelle préoccupation, lors de l’assemblée générale du MPB, vis-à-vis de cette baisse des cours. Pourtant, rien ne laissait présager ce phénomène au début de l’année. Après deux mois de reprise : en janvier (1,111 euro, soit + 26, 11%) et en février (1,210 euro, soit + 15 %), la progression a marqué une pause en mars (1,139 euro) puis s’est effondrée début avril. Les cours n’étaient plus que de 1,009 euro/kg le 18 avril et de 1,006 jeudi 21. La chute s’est poursuivie lundi 25, pour passer en dessous de la barre fatidique de 1 euro/kg (0,992 euro/kg exactement). Jeudi 28, une légère augmentation de 0,3 centime a cependant pu être observée. Elle est néanmoins dérisoire par rapport au recul des dernières semaines.

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« Ça suffit ! », lance la FNP

Les éleveurs de porcs n’ont pas manqué de s’exprimer, via la Fédération nationale porcine (FNP). « Ça suffit ! », lançait-elle mardi 26 avril dans un communiqué. « La situation actuelle est intolérable, d’autant que les prix français, depuis plusieurs mois, sont nettement en dessous de ceux pratiqués dans les principaux pays voisins. La France apparaît seule dans cette crise vis-à-vis de l’Union européenne », déclarait-elle. Bernard Esnault, le directeur de la FNP, explique cette particularité par « le gros problème structurel du secteur français. Les nombreux acteurs de la filière consacrent plus d’énergie à se faire la guerre qu’à s’organiser pour améliorer la mise en marché ». « Est-ce que les entreprises sont en train de peser sur les prix pour spéculer en vue de perspectives de marché meilleures, en faisant payer l’addition aux éleveurs ? », s’interroge-t-il. Il souhaite maintenant que « les éleveurs se mobilisent pour demander des comptes, notamment sur la non application des recommandations du rapport Porry par les entreprises ».