Services environnementaux, restauration collective, phytos… À Rungis le 11 octobre, le chef de l’État a confirmé des promesses inscrites dans son programme électoral notamment sur les défis environnementaux et sanitaires liés à l’agriculture. Il reste, pour la plupart, à les préciser et à les concrétiser.
Le 11 octobre, Emmanuel Macron a tenu un discours qui semble avoir satisfait l’ensemble des filières agricoles et alimentaires. Sur les dossiers environnement et santé, il en a profité pour réaffirmer un certain nombre d’engagements inscrits dans son programme électoral, mais la concrétisation du discours est attendue. France Nature environnement résume : « Le discours va dans le bon sens, mais on attend des actes. »
Confirmation des 200 M€ pour les services environnementaux
Comme promis dans son programme électoral, Emmanuel Macron a réitéré son engagement de dégager 200 M€ pour la rémunération de ces services environnementaux. Il a précisé : « Durant les deux années de cette Pac, je souhaite, sur ces services environnementaux, que nous puissions accompagner par le grand plan d’investissement ces mesures en faisant des aides directes aux agriculteurs ». Mathilde Théry, responsable agriculture pour la Fondation pour la Nature et l’Homme, explique que c’est « un soulagement », car l’incertitude planait sur le calendrier. Néanmoins, les modalités et le cadre de distribution des 200 M€ pour 2018 et 2019 restent à préciser.
Des annonces sur la restauration collective, mais pas sur la part de bio
Sur la restauration collective, le doute est permis. Emmanuel Macron s’en est tenu à ce qui est inscrit dans son programme à savoir viser « 50 % de produits bio, écologiques ou locaux d’ici 2022 ». Stéphanie Pageot entre dans le détail : « Il a parlé de 50 % de bio ou local dans la restauration collective d’ici 2022 ». Pour la Fnab, cette déclaration ne garantit pas une part de bio. « Il va falloir préciser à nouveau les termes », affirme-t-elle. La Fnab fait partie de la campagne « Des cantines bio, j’en veux ! » qui vise au moins 20 % de bio et local dans les cantines d’ici 2022.
Phytos : la loi séparera la vente du conseil
Sur les phytos, Emmanuel Macron est plus clair : « J’ai pris un engagement, il sera là aussi dans la loi, c’est de séparer le conseil de la vente ». Selon lui, « il y a encore une vente liée qui fait que le conseil n’est pas indépendant. » Pour Pascal Viné, délégué général de Coop de France, « les coopératives ne sont pas opposées à des mesures qui permettraient de lever les suspicions. Il s’agit moins d’une question de modèle économique que celle du lien avec les agriculteurs ». Coop de France va rester vigilant : « Nous demandons un débat avant la loi. Nous voulons une analyse objective des conséquences sur la façon dont cela va se passer, comment cela va fonctionner… »
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Cette séparation de la vente du conseil, Mathilde Théry rappelle qu’elle avait été écartée au cours des discussions sur la loi d’avenir agricole précédente. « On tenait à cette mesure. Aujourd’hui, on peut séparer conseil et vente sans endommager le modèle des coopératives », affirme-t-elle.
Des investissements dans la recherche, mais pas de chiffrage
Enfin, le président de la République s’est engagé sur la recherche d’alternatives aux phytos : « Nous aurons un programme volontariste d’investissement dans la recherche pour permettre à chaque endroit, dans chaque filière de trouver la solution de substitution. Je vous garantis qu’il n’y aura pas d’impasse ». Cette annonce était attendue des agriculteurs qui craignaient, sur le dossier emblématique du glyphosate, une interdiction sèche. Sur le dossier, il a d’ailleurs confié : « Le bon débat, c’est de dire au niveau européen que reporter à 10 ans la problématique du glyphosate, ça n’est pas une bonne idée. » Ensuite au niveau national, a-t-il soutenu, « l’objectif collectif est, filière par filière, […] de donner aux agriculteurs plus d’indépendance par rapport à ce sujet. »
Simplification administrative « drastique » pour l’énergie à la ferme
Sur le volet de la simplification administrative, le point d’entrée d’Emmanuel Macron s’est focalisé sur la production énergétique. « Sur ce sujet, les agriculteurs sont confrontés à la complexité administrative. […] Dans la loi et les ordonnances portant transformation du monde agricole ou dans le projet de loi droit à l’erreur, nous prendrons des mesures de simplification drastiques permettant de réduire les délais pour porter des projets énergétiques (méthanisation par exemple) ».
Les modalités et le cadre de distribution des 200 M€ pour la rémunération des services environnementaux pour 2018 et 2019 restent à préciser.