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Des estimations contestées par les Amis de la Terre et Greenpeace

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Avant même la publication du rapport de l’ISAAA, les organisations écologistes ont accusé ses informations de manquer de fiabilité du fait des liens de cette organisations avec les géants des biotechnologies comme Monsanto et Syngenta.

Dans un rapport publié le 10 janvier, l’organisation écologiste Friends of the Earth (FoE, les Amis de la Terre) dénonce « l’influence inacceptable » de Monsanto sur les politiques agro-alimentaires nationales et internationales et la « propagande » de l’industrie des biotechnologies relayée selon elle par l’ISAAA «Who benefits from GM crops ? Monsanto and the corporate-driven genetically modified crop revolution», disponible sur le site : www. foeeurope. org/publications/2006/who_benefits_from_gm_crops_jan_2006. pdf.

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Selon FoE, les rapports de l’ISAAA « ne représentent pas la réalité des cultures d’OGM », dans le sens où ses estimations sont souvent surévaluées et en contradiction avec les statistiques officielles nationales, notamment celles de l’USDA aux Etats-Unis. Les Amis de la Terre accusent par ailleurs l’ISAAA de passer sous silence l’impact controversé des OGM et le mouvement de résistance au développement de ces cultures. Ils rappellent que 165 régions européennes sont opposées à la culture d’OGM sur leur territoire et que 70% des consommateurs de l’UE ne veulent pas de ces produits dans leur assiette. « Dix ans après l’introduction des aliments transgéniques en Europe, l’industrie des biotechnologies n’a réussi à apporter aucun bénéfice pour les consommateurs ou l’environnement, et n’a joué aucun rôle dans la réduction de la faim et de la pauvreté », affirme FoE.

Un avis partagé par Eric Gall, du bureau européen de Greenpeace, qui estime que « la situation n’est pas aussi rose que le prétend l’ISAAA ». Pour Greenpeace, 2005 a été une « année de rejet des OGM par les consommateurs et les gouvernements », notamment avec le rejet par les Etats membres de l’UE en juin de propositions de Bruxelles visant à lever certains embargos nationaux, des nouvelles interdictions de culture décrétées en Pologne et en Suisse, et d’autres décisions négatives pour l’industrie des biotechnologies en Russie et en Inde, pour ne citer que ces pays. 2005 a aussi été pour Greenpeace une nouvelle année de contamination avec la découverte de cultures illégales de riz transgénique en Chine et de soja OGM en Roumanie, notamment. Des cultures illégales que l’ISAAA ne manque pas de comptabiliser une fois que leur découverte a été annoncée, affirment les écologistes.