Abonné

Des États membres appellent Bruxelles à interdire l’élevage d’animaux à fourrure

- - 3 min

Pour des raisons de bien-être animal et d’éthique, l’Autriche et les Pays-Bas, soutenus par de nombreuses autres délégations, appellent la Commission européenne à interdire l’élevage d’animaux à fourrure. Mais Bruxelles estime qu’il s’agit d’une prérogative nationale.

Dans une déclaration commune, l’Autriche et les Pays-Bas, avec le soutien de la Belgique, de l’Allemagne, du Luxembourg et de la Slovaquie, ont invité le 28 juin, à l’occasion d’un Conseil Agriculture, la Commission européenne à « étudier les possibilités d’interdire définitivement l’élevage d’animaux à fourrure (notamment les visons) dans l’UE pour des soucis de santé, de bien-être des animaux et d’éthique et à présenter une proposition législative pour atteindre cet objectif ». Ils évoquent les préoccupations de santé publique liées aux épidémies de coronavirus, les visons s’étant révélés particulièrement sensibles à cette maladie, faisant craindre ainsi une transmission à l’homme. De nombreuses délégations (Italie, Irlande, Estonie, Pologne, Slovénie, Bulgarie) ont clairement exprimé leur soutien à cette initiative afin de stopper dans les plus brefs délais cette pratique incompatible avec un niveau minimal de bien-être animal. De son côté, la France, qui va interdire ce type d’élevage, a indiqué qu’il était important de faire une différence avec la situation des lapins élevés pour la viande et la fourrure.

« Une prérogative nationale » selon Bruxelles

D’autres délégations ont été plus nuancées. C’est le cas de la Lituanie qui a déclaré que ce type d’interdiction devrait être « examinée très attentivement » en raison de son impact économique et social. Elle précise aussi qu’« une telle mesure ne va pas améliorer le bien-être animal si on délocalise dans les pays tiers ». De son côté, la Roumanie s’est montrée prudente et réservée en soulignant la nécessité « d’adopter et de fixer des règles cohérentes en matière de bien-être animal qui reposent sur des données scientifiques ». Les deux délégations préviennent qu’avant toute décision « une analyse complète doit être impérativement réalisée » et dans le cas d’une interdiction « il faudra prévoir une indemnisation aux éleveurs touchés par cette mesure ». La Hongrie et la Grèce s’opposent, elles, fermement à cette interdiction.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

La Commission européenne a répondu que « la législation de l’UE ne prévoit pas la possibilité d’interdire l’élevage d’espèces spécifiques, il s’agit d’une prérogative nationale. C’est donc aux États membres de bien réfléchir à tout cela ». Mais la commissaire à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a assuré que l’UE réviserait les règles si cela est pertinent, dans ce cas, « nous tiendrons bien sûr compte du bien-être animal de l’élevage des animaux à fourrure ».