En approuvant le 7 octobre à une large majorité le rapport de Niels Busk (ALDE, Danemark) en faveur d’un programme de distribution de fruits et légumes dans les établissements scolaires, la commission de l’agriculture du Parlement européen entend prouver l’apport essentiel de la PAC à la santé publique européenne. Le vote du rapport Busk en session plénière est prévu pour le 19 novembre.
Le rapport de Niels Busk rappelle utilement que la quantité de fruits et légumes consommée dans l’UE est largement en deçà des recommandations de l’OMS, qui préconise une consommation journalière d’au moins 400g pour les enfants et cela « au moment où une véritable épidémie d’obésité s’installe chez les enfants », l’UE comptant selon les estimations 22 millions d’enfants en surpoids, dont 5,1 millions en forte surcharge pondérale. Le rapporteur note toutefois que pour que le programme soit crédible et efficace, il faudrait que les enfants scolarisés consomment au moins un fruit par jour pour que cela ait un impact sur les habitudes alimentaires.
Quadrupler le budget
Le rapporteur estime que si l’on veut profiter des avantages d’un programme en faveur de la consommation de fruits à l’école, il est nécessaire d’y consacrer beaucoup plus de fonds que ce que propose la Commission européenne. « Un morceau de fruit par semaine ne suffit pas à modifier une habitude alimentaire ou à influer sur la santé publique », selon Niels Busk. Le rapporteur a donc proposé de quadrupler le budget prévu (de 90 millions à 360 millions d’euros), mais la commission de l’agriculture a décidé d’aller bien au-delà et réclame une enveloppe budgétaire allant jusqu’à 500 millions d’euros. Elle demande également de se limiter aux fruits et légumes d’origine européenne car, selon elle, « les règles sanitaires sont plus strictes en Europe et les fruits sont de meilleure qualité ». Les eurodéputés voudraient toutefois exclure les préparations alimentaire type yaourts aux fruits. Niels Busk aurait quant à lui préféré laisser aux Etats membres le choix de la provenance des fruits sur le marché mondial étant donné que la priorité est d’assurer un régime sain pour les écoliers plutôt qu’un dispositif supplémentaire de soutien aux agriculteurs de l’UE. « Je crains que nous ne transformions un dispositif simple de garantie d’un apport quotidien de fruit pour les écoliers en un cauchemar bureaucratique et un outil politique », a déclaré Niels Busk. « Je suis un fervent défenseur des agriculteurs Européens mais il y a d’autres moyens plus appropriés afin de les soutenir que cette modeste proposition. »
Pour intégrer les traditions et les divers programmes qui existent déjà dans l’UE, ce programme doit être souple, pour s’adapter aux circonstances locales, régionales et nationales.
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Cette flexibilité doit aussi concerner le cofinancement national, dont les modalités doivent être fixées par chaque État membre (par le biais des budgets nationaux, régionaux ou locaux, par une participation des parents, etc.)
Adopter le même système de distribution que pour le lait
Depuis plus de trente ans, l’UE accorde différentes subventions pour la distribution de lait aux enfants scolarisés. Au cours de l’année scolaire 2006/2007, 305.000 tonnes de lait ont été distribuées dans les écoles de 22 États membres. La participation de l’UE à cette opération s’est élevée à plus de 50 millions d’euros. Les règles relatives à la distribution de lait dans les écoles ont été simplifiées et l’éventail de produits a été élargi, si bien que les États membres peuvent dorénavant privilégier les produits laitiers maigres, ce qui permet au programme d’être conforme aux exigences nutritionnelles. Pour la distribution de lait, il n’existe aucun plafond budgétaire, mais uniquement un plafond quantitatif de 0,25 litre de lait par élève et par jour. Cela signifie donc que le montant de l’aide s’accroît parallèlement au nombre de participants. La commission de l’agriculture plaide par conséquent pour un système similaire pour la distribution de fruits, la quantité pouvant être fixée à une portion de fruits ou de légumes par élève et par jour. La Commission a prévu, les 15 et 16 décembre prochains, une grande conférence sur la distribution des fruits et légumes à l’école, et va créer une page Web sur ce thème.