La crise viticole serait moins grave qu’on ne le dit, selon certains intervenants au colloque « Quelles pratiques commerciales développer face à la crise du vin ? », organisée le 24 janvier par l’école d’ingénieur Isaralyon. Ils s’appuient sur les données économiques de ces dernières années.
« Il ne faut pas confondre écart entre la production et la consommation d’une part et excédent d’autre part », a expliqué Pierre Leclerc, directeur du Comité économique des vins du Sud Est (Cevise).
S’appuyant sur les chiffres publiés notamment par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) et des études européennes, il a fait remarquer que « pendant six années, de 1993 à 1998, il y a eu un écart moyen de 39 millions d’hl entre la production et la consommation mondiale de vin ». « Or, le marché a connu un très bon équilibre sur cette période. Il a même été déficitaire en 1998. L’écart ne prouve pas qu’il y a surproduction », en conclut-il.
Cette année, la situation est cependant différente. « L’écart atteint 57 millions, il y a donc 17 millions d’hl de plus et sans doute de trop », poursuit Pierre Leclerc.
Des gisements de croissance
Cependant, il existe « des gisements de croissance » en France et en Europe, en l’occurence les jeunes et les femmes, a noté James de Roany, secrétaire général adjoint du Comité interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). Il faut remarquer d’autre part que la consommation croît en valeur si elle ne croît plus en volume, a t-il poursuivi.
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Reste que les vins français doivent s’adapter à leurs marchés extérieurs.
« L’extension continuelle des vins français a prédominé sur leur adaptation aux marchés », a résumé Gianluca Nardone, professeur à l’université de Foggia en Italie.
« Gallo vient de passer un partenariat avec la Compagnie rhodanienne pour la création d’un vin nommé Le pont d’Avignon et avec la Coopérative le Sieur d’Arques pour un vin nommé Red Bicycle : ce sont deux approches potentielles du produit vin qui associent tout un imaginaire de la France à des marques », a expliqué Catherine Pivot, professeur à l’Université Lyon III, donnant des exemples d’adaptations marketing possibles.