FranceAgriMer a pointé le 10 mai des exportations dynamiques en céréales d’hiver. L’établissement national relève son estimation pour le blé tendre vers les pays tiers à 5,2 Mt, un volume qu’il juge « pas évident » à réaliser. En orge, l’export à l’international est maintenu à 2,4 Mt, « un objectif facilement réalisable ».
« Les derniers chargements d’orge montrent une dynamique, notamment vers l’Arabie saoudite, qui ne faiblit pas », a souligné Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité « grains et sucre ». Pour cette céréale, l’établissement national reconduit d’un mois sur l’autre à 2,4 Mt l’export 2016-2017 à l’international, un volume « facilement réalisable », d’après elle.
La prévision pour le blé tendre est relevée de 200 000 t par rapport à avril, ce qui porte à 5,2 Mt les exportations vers les pays tiers, « un objectif pas évident » à atteindre. Résultat, le stock de report est abaissé d’autant à 2,4 Mt (contre 2,6 Mt le mois dernier), un niveau légèrement inférieur à la moyenne quinquennale. « On ne voit pas totalement clair » dans le bilan qui « peut encore réserver des surprises », a indiqué Olivia Le Lamer. Des incertitudes existent chez les opérateurs quant au blé stocké à la ferme, tant sur le volume restant à collecter que d’un point de vue qualitatif, selon elle.
Changement de physionomie du marché
Côté statistiques douanières, les embarquements d’orge vers les pays tiers depuis les ports français totalisent 2,1 Mt avec les bateaux recensés en mars et avril. C’est moitié moins par rapport à l’an dernier à la même époque. La destination Arabie saoudite se distingue avec plus de 740 000 t expédiées sur les trois derniers mois. « Un changement de physionomie est intervenu en quelques mois » pour le bilan de l’orge, a souligné Olivia Le Lamer : en décembre, les prévisions d’export vers les pays tiers s’établissaient à 1,7 Mt (contre 2,4 Mt aujourd’hui), laissant des stocks « lourds » en fin de campagne à 1,9 Mt (contre 1 Mt).
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En blé tendre, les embarquements atteignent 4,1 Mt, soit -58 % par rapport d’une année sur l’autre. Une chute intervient vers les destinations traditionnelles, en particulier l’Algérie et l’Afrique subsaharienne. Fait notable, 74 000 t de blé fourrager ont été embarquées en février vers la Corée du Sud. Il s’agit d’un record pour cette destination qui avait absorbé 60 000 t en 2014-2015, campagne marquée par des exportations conséquentes vers l’Asie.
« Un bilan qui peut encore réserver des surprises »
Récolte 2017 : « le potentiel est là pour une année moyenne »
Une nouvelle année atypique se déroule pour la récolte 2017 avec une sécheresse persistante et des gelées tardives, a constaté le 10 mai FranceAgriMer lors du conseil spécialisé pour la filière céréalière. « Le potentiel est là pour une année moyenne », a estimé Catherine Cauchard, chef de projet Céré’Obs. D’après elle, les experts montrent des inquiétudes sur la dégradation des conditions de culture, liées principalement au déficit hydrique et au gel. Les pluies récentes permettent de bien valoriser l’azote du sol mais les réserves en eau ne sont pas rechargées. Faute d’un cumul suffisant, il y a un risque, pour certaines cultures, d’accès à l’eau limité. « Sauf cas isolés, notamment en Lorraine à cause du temps froid et sec sur les semis tardifs, le potentiel des céréales n’est pas entamé de façon significative », a toutefois insisté Catherine Cauchard. Une plus grande attention est portée aux orges d’hiver et certains blés durs, touchés par le gel pendant un stade à risque. « D’ici quinze jours, on saura les dégâts sur l’escourgeon, s’il y a des gels d’épis », a déclaré Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales.