Abonné

Création d’entreprises dans les IAA Des idées à foison qui demandent des soutiens

- - 3 min

Depuis le 4 février, l’Assemblée nationale se penche sur le projet de loi sur l’Initiative économique, une discussion que nombre de Français doit suivre avec attention. Plus d'un quart d’entre eux rêve de se glisser dans la peau d’un créateur d'entreprise. Cette vocation affichée serait même signe d'une évolution sociologique remarquable dans la société française, à en croire une étude réalisée par l'Ifop à la demande de l'Agence pour la création d'entreprises (APCE) et du Salon des entrepreneurs. Si les appelés sont nombreux, les élus le sont moins, qui parviennent sans encombre à boucler la course d'obstacles, le lot de tout entrepreneur potentiel, y compris dans l'agroalimentaire. Le projet de loi a été conçu pour leur faciliter la tâche. Ce texte vise notamment à les aider à franchir avec plus d'aisance l'épreuve de la recherche de financements.

Le secteur agroalimentaire est fertile en créations d'entreprises. Pas moins de 500 jeunes pousses en moyenne font leur percée chaque mois, selon l'Insee, qui met dans le même panier la boulangerie artisanale du coin de la rue, et la petite structure industrielle. En l'absence de données chiffrées plus précises, la floraison dans les régions des pépinières d'entreprises, et de pôles technologiques à l'instar de l'Agropole d'Agen ou d'Atalante à Rennes, est un signe de vitalité. Créagro, petite structure de capital-risque tournées vers les PME innovantes, s'est vu soumettre une centaine de dossiers depuis deux ans, et en a financé une dizaine environ, confie Jean-Louis Ruatti, son président.

Les idées ne manquent donc pas, mais encore faut-il distinguer la vraie-fausse bonne idée, qui risque de ne pas trouver son marché, et l'innovation véritable attendue par le consommateur. Beaucoup d'entrepreneurs se cassent les dents sur la mauvaise adéquation entre leur offre et la demande. Autre point sur lequel le bât blesse : les banquiers ne prêtent, c'est bien connu, qu'aux riches, donc aux entreprises confirmées, le plus souvent génératrices d'un chiffre d'affaires déjà conséquent. A quelques exceptions près – Banques populaires ou Crédit mutuel, souligne-t-on –, ils ne se laissent guère séduire par les créations ex-nihilo, qui ont pour seule alternative de trouver un appui auprès des capitaux-risqueurs.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Qu'à cela ne tienne, les concepteurs de la loi imaginent la mise en place de fonds d'investissements de proximité, alimentés par l'épargne des particuliers. Ceux-ci y trouveraient un double intérêt : des avantages fiscaux, mais aussi la perspective du développement économique de leur région, toujours bon pour l'emploi. La future loi promet aussi un allègement des tracasseries administratives puisque les nouvelles sociétés pourraient se créer en un jour.