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Céréales et oléagineux Des marchés toujours très tendus

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Que ce soit en blé, en colza ou en soja, les tensions restent vives sur les marchés. Le mini-krach boursier de la mi-janvier n’a pas eu de réelle incidence sur les cours. La fin de campagne de commercialisation sera plus que jamais placée sous le contrôle du « weather market ».

«Il suffit d’une petite contraction de la production ou d’une baisse des stocks pour provoquer un chamboulement dans les prix », a expliqué Pierre Béhal, du service des marchés de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), le 6 février lors du congrès de l’OPG (Organisation des producteurs de grains). Il faut dire que la baisse des stocks disponibles chez les principaux exportateurs place le marché sous haute tension depuis le début de la campagne. Après une légère accalmie début 2008, les cours mondiaux du blé sont repartis à la hausse ces tous derniers jours. Les lots de qualité semblent faire défaut, notamment aux Etats-Unis.

Des clients toujours présents

De plus, le Canada, qui compte parmi les cinq principaux exportateurs, a revu à la baisse ses stocks de blé. Selon les derniers chiffres de l’Institut national de statistiques, ceux-ci s’affichaient en retrait de 30 % fin décembre 2007 par rapport à la même période l’an passé. Pas de quoi calmer les marchés. D’autant plus que les importateurs, comme l’Egypte et le Maghreb, continuent de chercher de la marchandise. Et que les incidents climatiques vont inévitablement commencer à émailler la campagne. Depuis la fin janvier, par exemple, la Chine subit de graves intempéries qui auront très probablement des conséquences sur les récoltes. Le stress du marché mondial se ressent sur les marchés européens et français. Ces derniers jours, les utilisateurs de blé sont revenus aux achats, redoutant une nouvelle hausse… Et les vendeurs ont continué à faire de la rétention, espérant de meilleurs prix.

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Peu d’effet de la crise boursière

La situation n’est pas plus stable en oléagineux. Le 4 février, les cours mondiaux du soja et du maïs ont bondi sur le marché à terme de Chicago. Motif : le risque de voir le mauvais temps endommager les champs de production en Argentine et au Brésil. Etroitement liés aux variations des cours du pétrole en raison du débouché « biocarburants », les cours des graines de soja, mais également de colza, sont globalement orientés à la hausse. Le début de crise boursière survenue mi-janvier ne les a affectés que temporairement. En Europe, le marché du colza est en plus soutenu par la baisse des surfaces, évaluée à 6 % dans l’Hexagone. Bilan : les prix du colza montaient en fin de semaine à l’assaut des 450 euros/tonne. Au grand dam des industriels qui voient leurs marges s’effriter depuis le début de campagne, et doivent payer davantage de taxes depuis le 1 er janvier.