Dans une note publiée début novembre, revient sur la gestion de la fertilisation azotée minérale du maïs grain, en analysant les pratiques culturales de 2006. Des progrès restent à faire, tant en matière d’évaluation des besoins de la plante que de techniques culturales.
«Les techniques culturales visant à réduire les pollutions par les nitrates peinent à s’imposer dans les parcelles de maïs grain », indique une étude du service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture, diffusée tout récemment dans Agreste primeur. D’après cette enquête menée sur les pratiques culturales de 2006, les agriculteurs n’ajustent pas encore suffisamment leurs apports d’azote. En 2006, ils ont par exemple apporté en moyenne 2 kg d’azote minéral par quintal de maïs récolté dans les parcelles. Or, « c’est plus que les exportations de la plante pour la production de grain », calcule l’auteur de la note. Les zones vulnérables font un peu mieux, puisqu’elles apportent en moyenne 0,1 kg de moins par quintal de maïs récolté, particulièrement en Poitou-Charentes et en Rhône-Alpes.
Seuls 18 % des agriculteurs mesurent les reliquats azotés
Ces excès d’apports sont probablement à relier au manque de précision dans l’évaluation des besoins azotés de la plante. Pour 80 % des surfaces, les agriculteurs déterminent la dose d’azote à apporter en fonction du « rendement espéré ». 50 % prennent en compte les cultures précédentes et 48 % estiment les reliquats azotés. Mais ils ne sont que 18 % à les mesurer. Le SSP signale par ailleurs que 12 % des exploitants raisonnent encore à partir de la dose habituelle, « une pratique peu souhaitable ». Certaines bonnes pratiques se généralisent néanmoins, comme le fractionnement des doses. « Il est utilisé sur deux tiers des surfaces », signale le SSP. Le premier apport, le plus faible, représente moins de 70 unités d’azote à l’hectare, le second étant plus adapté aux besoins d’un maïs en croissance. « Les doses d’azote initialement prévues ne sont ajustées en cours de campagne que sur 6 % des superficies », note toutefois Agreste primeur.
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Les cultures intermédiaires peu utilisées
Les cultures intermédiaires sont pour leur part peu utilisées. Les agriculteurs ne les implantent que sur 24 % des surfaces de maïs qui suivent une céréale à paille, et sur 6 % après un maïs. En zones vulnérables, elles ne se sont franchement développées qu’en Bretagne, où elles précèdent 72 % des surfaces de maïs après céréales, et 16 % après maïs. Selon l’auteur de la note, la monoculture est un frein au développement de cette pratique. Or en 2006, deux tiers des surfaces de maïs grain étaient précédées d’un maïs grain. Le broyage et l’enfouissement du précédent maïs, qui permet de piéger une part des excédents d’azote, ne concernaient de leur côté que 20 % de la sole de maïs en 2006. Des progrès sont donc possibles, sachant toutefois que « la gestion azotée du maïs est une des plus difficiles à maîtriser », signale Agreste Primeur.