L’arrivée du Wegovy en comprimés dans les pharmacies françaises, le 2 novembre, marque une nouvelle étape dans le développement des médicaments anti-obésité, dont l’essor commence à modifier les dépenses alimentaires, selon une étude du cabinet Bain.
Le Wegovy, médicament anti-obésité du laboratoire danois Novo Nordisk, est proposé sous forme de comprimés dans les pharmacies françaises depuis le 2 novembre. Jusqu’ici administré uniquement par injection, il devient le premier médicament à base d’analogue du GLP-1 également vendu sous forme orale en France. Ces traitements sont prescrits en France aux adultes souffrant d’obésité sévère ou de surpoids associé à une comorbidité, afin de favoriser la perte de poids.
Contrairement aux formes injectables, remboursées par l’Assurance maladie depuis le 15 juin, le Wegovy sous forme orale n’est pas pris en charge. Son prix varie de 169 à 235 € par mois, des tarifs inférieurs à ceux pratiqués au lancement des premiers GLP-1 injectables. Le laboratoire américain Eli Lilly n’est pas en reste. Son traitement oral, commercialisé aux États-Unis depuis avril et au Royaume-Uni depuis août, devrait arriver prochainement en Europe. À la mi-octobre, l’Agence européenne des médicaments a rendu un avis favorable, première étape avant son autorisation de commercialisation dans l’Union européenne.
Des effets sur les dépenses alimentaires
La diffusion de ces traitements sous forme injectable commence d’ores et déjà à se répercuter sur les marchés alimentaires. Une étude du cabinet Bain, publiée le 3 novembre et relayée par Le Monde, montre que les médicaments anti-obésité à base d’analogues du GLP-1 modifient les habitudes alimentaires de leurs utilisateurs. Aux États-Unis, où plus de 4 000 utilisateurs de GLP-1 ont été interrogés, les sondés déclarent avoir réduit leurs dépenses de 6 % en pain et produits de boulangerie, desserts, confiseries et biscuits, de 5 % en snacks salés et de 4 % en boissons gazeuses. Ce recul s’observe également en Europe. Au Royaume-Uni, où 7 % des adultes ont déjà eu recours à ces traitements, les baisses de dépenses pour ces catégories atteignent 10 %.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Les GLP-1 amènent un vrai changement dans les habitudes de consommation. De façon générale, tout ce qui est sucré ou gras baisse, tandis que les dépenses en produits de meilleure qualité nutritionnelle augmentent », résume Manel Oliva-Trastoy, associé au bureau parisien de Bain, dans Le Monde. Même constat dans la restauration rapide : les dépenses déclarées par les sondés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne diminuent de 4 à 8 %.
Selon les projections du cabinet, la proportion d’utilisateurs ayant déjà eu recours à un GLP-1 en Europe de l’Ouest, estimée actuellement à 3,2 %, devrait quadrupler pour atteindre 12 % en 2030. L’arrivée sur le marché de formes orales de ces traitements, plus faciles à produire et à administrer que les injections, pourrait d’ailleurs encore accélérer cette progression.
JJ