Devant le congrès de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), le 27 janvier à Paris, le directeur de cabinet de Dominique Bussereau a annoncé des mesures en faveur des coûts de main d’œuvre. Le fait que même des pays membres de l’UE aient des coûts de production sensiblement moindres commence à faire perdre patience aux producteurs et à Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA.
Michel Cadot, directeur de cabinet de Dominique Bussereau, a annoncé plusieurs mesures pour réduire les coûts de main d’œuvre : la possibilité d’embaucher des saisonniers étrangers quand la main d’œuvre locale ne suffit plus, des exonérations de 26 % de charges sociales des salariés permanents à partir du 1er juillet prochain et des réductions de 90% des charges patronales sur les assurances sociales et accidents du travail dans le secteur.
L’urgence d’une harmonisation des charges dans l’UE
Dans le secteur des fruits et légumes, la moitié des coûts de production provient de la main d’œuvre. Or, les distorsions de concurrence avec les autres pays, y compris des États membres de l’UE comme l’Allemagne mettent à mal les exploitations maraîchères et arboricoles. Le sénateur Daniel Soulage (Union du Centre, Lot-et-Garonne), s’était, la veille au Sénat, étonné de ce que « l’Allemagne réussisse à produire à un coût horaire saisonnier de 6,15 euros contre 8,52 pour la France ».
Au-delà de ce constat, l’humeur commence à se manifester même dans les états-majors. Ce sujet des distorsions de concurrence fait l’objet d’une mission du député du Finistère, Jacques Le Guen, au Premier ministre. « Qui peut croire aujourd’hui qu’il faut encore des rapports, des audits, des études pour faire connaître la situation des exploitations agricoles françaises pour ce qui concerne la compétivité ? Agissons avant qu’il ne soit trop tard », a réagi Pierre Banc, président de la FNPF à M. Cadot dans son discours. « Nous sommes convaincus qu’il faut plus d’Europe, mais quand en même temps l’UE met à mal nos exploitations par des distorsions, ça donne une autre vision de l’Europe, et pour qu’il en soit autrement, il faut que les choses avancent», a déclaré le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, le matin lors d’une table ronde. Il a appelé à la nécessité urgente d’une harmonisation des charges dans l’UE.
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Tomas Garcia Azcarate, chef de l’unité fruits et légumes de la DG Agriculture de la Commission européenne, a reconnu qu’il n’a « jamais connu une année pareille », en parlant de 2004, qu’il a qualifiée d’« annus horribilis » pour les fruits et légumes, année marquée par une descente aux enfers des prix. Il a estimé absurde que la plupart des taxes dans l’UE grèvent l’activité économique, donc pénalisent l’emploi, alors qu’elles pourraient être assises sur les produits au stade de la consommation, y compris ceux en provenance de l’importation. Le produit de cette TVA devrait être affecté à défiscaliser le travail, a-t-il déclaré, estimant qu’il s’agit là d’une solution de bon sens à laquelle il faudrait penser désormais.
Le directeur de cabinet de Dominique Bussereau a par ailleurs annoncé qu’il poursuivra, à Bruxelles, les tentatives de son prédécesseur de mettre en place un dispositif de gestion de crise. « Dominique Bussereau a fait sienne cette priorité et a déjà abordé la nécessité de développer ds outils communautaires de gestion de crise au Conseil des ministres (de l’Agriculture) et en bilatéral avec la commissaire à l’Agriculture Marian Fischer-Boël ». Mais il a appelé à « ne pas sous-estimer les difficultés à aboutir à un accord au Conseil compte tenu des réserves de certains États-membres ».