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Appel de Poitiers Des militants anti-VTH reçus au ministère de l’Ecologie

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Une vingtaine d’associations environnementalistes et agricoles, regroupées sous la bannière de l’Appel de Poitiers a été reçue, le 26 septembre au ministère de l’Ecologie. L’occasion de plaider en direct contre les variétés tolérantes aux herbicides qui les inquiètent.

Après une lettre ouverte adressée en juillet à Stéphane Le Foll et Philippe Martin, et une « inspection citoyenne » dans une coopérative en septembre, la vingtaine d’organisations signataires de « l’appel de Poitiers » de juin 2012 (sur la biodiversité) a finalement été reçue au ministère de l’Ecologie. Au programme de la rencontre, les variétés de colza et tournesol tolérantes aux herbicides (VTH), que ces associations considèrent comme des OGM « cachés ». De fait, ces variétés, qui ne sont pas obtenues par transferts de gènes (transgénèse) mais par mutagenèse (mutation provoquée artificiellement) ne sont pas, du point de vue réglementaire, des OGM et ne doivent donc pas satisfaire à des exigences spécifiques de mise en marché. Pour les signataires, dire que les VTH ne sont pas des OGM » relève « du mensonge », et les associations entendent « dénoncer le fait (qu’avec cette définition réglementaire des OGM), on nous roule dans la farine ». Néanmoins, en juillet, Stéphane Le Foll avait répondu, en écho à leur lettre ouverte, que les VTH n’étaient pas des OGM. Est-ce une coïncidence ? En tout cas, seul un représentant du cabinet de Philippe Martin était présent. Son homologue agricole qui devait y assister s’est excusé, et c’est finalement un représentant du service de la protection des végétaux (du ministère de l’Agriculture) qui est venu au rendez-vous.
 
Pas d’études indépendantes
Les organisations de l’Appel de Poitiers ont rappelé leurs inquiétudes : pour eux, ces plantes VTH « ont les mêmes conséquences néfastes que les OGM ». Le colza les inquiète, notamment pour ses capacités de dissémination dans l’environnement et de croisement possible avec la flore sauvage. « En Allemagne et aux États-Unis, des études montrent que la culture de VTH s’accompagne de l’apparition de problème de résistance aux herbicides », ajoute Agnès Renauldon, porte-parole des signataires de l’Appel de Poitiers. Pour ces associations, les VTH posent problème pour les pollinisateurs, notamment les abeilles. « On nous dit qu’il n’y a pas de preuves. C’est surtout qu’il n’y a pas d’études indépendantes » sur le sujet, dénonce Agnès Renauldon. Lors de l’entretien, les signataires ont en particulier mis en avant les résultats de l’expertise collective réalisée par l’Inra et le CNRS sur le sujet en 2011. L’appel de Poitiers regroupe des associations environnementales (Agir pour l’environnement, Greenpeace, Attac, Les Amis de la Terre…), agricoles (confédération paysanne, Fédération nationale d’agriculture biologique, Union nationale de l’apiculture française). « Nous n’avons rien à vendre, plaide Agnès Renauldon. Mais nous portons une parole : celle de la majorité de la société civile. Car nous considérons que l’agriculture n’est pas qu’un problème d’agriculteurs, puisqu’elle nourrit les citoyens. »

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