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Des négociations commerciales bien orientées en lait

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« On ne peut que se féliciter » des récentes revalorisations de prix annoncées dans la filière laitière, a lancé le président de la FNPL, Thierry Roquefeuil, le 25 février au Salon de l'agriculture. Sa fédération veut désormais que les coopératives intègrent les coûts de production dans leurs contrats avec leurs adhérents.

Les négociations commerciales en cours vont « dans le bon sens » aux yeux de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), lors d'une conférence de presse au Salon de l'agriculture le 25 février. Mais il reste deux enseignes « avec lesquelles c'est plus compliqué » : Auchan et Casino. « Il n'est pas normal qu'une enseigne demande des baisses dans la conjoncture actuelle », a lancé l'éleveur, en référence à cette dernière.

Contrairement à 2019, plusieurs transformateurs et distributeurs ont annoncé des accords de revalorisation des prix portant sur des marques nationales et des MDD. Les EGA ont « ramené en moyenne 10 €/1 000 litres aux producteurs », affirme M. Roquefeuil, soit environ 20 €/1 000 litres pour le lait vendu sur le marché intérieur (la moitié de la production française). Des chiffres qui confirment une estimation communiquée par la FNPL en novembre 2019.

« Retard à l'allumage » du côté des coopératives

« Il y a l'enjeu des prix payés aux producteurs, mais il y a aussi celui de l'intégration des indicateurs des coûts de production dans les contrats », souligne de son coté Michel Lacoste, secrétaire général adjoint de la FNPL. En 2020, le syndicat veut mettre la pression sur les coopératives sur ce sujet, « incontournable si on veut que les EGA jouent leur rôle d'amortisseur à la prochaine crise ». Or, aucune n'a encore intégré ces indicateurs dans ses contrats, d'après Thierry Roquefeuil, qui évoque un « retard à l'allumage ».

Côté conjoncture, « en ce début d'année, tous les voyants au vert, la valorisation beurre-poudre augmente tous les mois », s'est félicité cet éleveur lotois. Mais les producteurs laitiers ont fait part de leur « inquiétude » face aux possibles effets de l'épidémie de coronavirus sur le marché mondial – et donc sur la valorisation du beurre et de la poudre. « Pour le moment, nous n'en savons rien. Mais ce qui nous inquiète, c'est que le commissaire européen à l'Agriculture en sait encore moins que nous ! », s'est exclamé le président de la FNPL, après avoir rencontré Janusz Wojciechowski.

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« Inquiétude » sur l'impact du coronavirus sur le marché mondial

« L'aide à l'hectare pure et dure n'est peut-être pas la bonne solution »

Réflexion à la FNPL sur les critères d'attribution des aides Pac

« Nous devons être vigilants sur la future Pac », a insisté le président de la FNPL, lors d'une conférence de presse au Salon, rappelant que « la convergence a tiré vers le bas les aides de l'ensemble des producteurs de lait. Certains éleveurs se posent la question de continuer le lait, et la Pac ne leur donne aucun signal en ce sens. » Et d'ajouter que « l'aide à l'hectare pure et dure n'est peut-être pas la bonne solution pour répondre aux attentes des éleveurs. »

D'après la vice-présidente Marie-Thérèse Bonneau, la FNPL « cherche à identifier des leviers qui reconnaissent la densité économique des élevages laitiers » : prise en compte des actifs, biodiversité, climat, etc. Sans toutefois envisager un basculement total de la répartition des aides à l'actif : appliquée au niveau européen, cette grille de répartition provoquerait un transfert massif vers les pays de l'Est et « ferait passer la France de 9 à 6 milliards euros » d'aides Pac, affirme Marie-Thérèse Bonneau.