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Biocarburants Des objectifs « difficiles mais pas impossibles » à atteindre

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L'objectif de 10% d'énergie renouvelable dans les transports en 2010 sera difficile, mais pas impossible, à atteindre selon la Commission européenne. Une étude du Parlement européen estime que des efforts doivent encore être réalisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des biocarburants et leurs coûts.

Dans son rapport d'étape sur la mise en œuvre de la directive énergies renouvelables qui prévoit qu'elles atteignent une part de 20% de la consommation de l'UE en 2020, Bruxelles estime que la biomasse à partir de plantes énergétiques, de produits forestiers et de déchets agricoles utilisée notamment pour le chauffage, mais aussi la production d'électricité, devrait représenter 47% des énergies renouvelables de l'UE en 2014, l'énergie hydroélectrique 17%, l'éolien 11% et les biocarburants (9%). Environ 5,7% de l'énergie du secteur des transports proviendraient de sources renouvelables, en majorité des biocarburants. L'objectif de 10% de ces énergies dans le secteur en 2020 sera « difficile, mais reste faisable », indique la Commission. L'adoption de la révision de la réglementation (1), qui prévoit notamment le plafonnement à 7% des biocarburants de première génération, un seuil de 0,5% de biocarburants dits avancés et une comptabilisation double des biocarburants produits à partir de déchets et de résidus de culture devrait permettre à certains États membres d'atteindre leurs objectifs. Mais Bruxelles indique qu'une hausse de la part d'énergie électrique sera nécessaire y compris dans le transport routier.

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Une étude réalisée par le Parlement européen sur l'impact des biocarburants sur le secteur des transports et l'environnement ainsi que sur le développement agricole conclut que des efforts doivent encore être réalisés pour limiter les coûts et améliorer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport aux énergies fossiles. Le coût annuel du soutien aux biocarburants dans les États membres de l'UE en 2011 est estimé entre 7 et 8,4 milliards d'euros, soit 14 à 17 € par personne, ou 26 à 32 € par véhicule. Et en ce qui concerne les émissions de GES, si le changement indirect d'affectation des sols est pris en compte (selon les données de la Commission européenne) les gains restent modestes. Mais les nouvelles générations de biocarburants à base de biomasse forestière, de résidus de culture et de biogaz semblent prometteuses. « La difficulté pour le législateur est que l'industrie veut des incitations favorables et stables à son développement, mais ceci se base sur des prévisions incertaines », écrivent les auteurs de l'étude qui recommandent donc la mise en place de politiques qui incitent l'industrie à atteindre certains objectifs comme la réduction des émissions de GES ou la sécurité des approvisionnements. Une solution pourrait par exemple être la mise en place d'une taxe carbone et la réduction des taxes sur les carburants.

(1) Voir n° 04/05/2015