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Des parlementaires mobilisés pour les abeilles et contre les néonicotinoïdes

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Plus d’une centaine de députés et de sénateurs ont exigé le 27 mars une application stricte de l’interdiction des néonicotinoïdes à partir de cet automne, en limitant au maximum les dérogations, et une meilleure traçabilité pour le miel.

Réunis dans un comité de soutien à l’abeille et aux apiculteurs, ces 135 élus entendent soutenir la filière apicole, qui emploie environ 100 000 personnes en France, et protéger les abeilles, alors que la production nationale a été divisée par trois entre 1995 et 2016 et que les importations ont augmenté d’autant. « Pour nous, les choses sont claires, c’est le moins de dérogations possible », a expliqué la députée Delphine Batho (NG) lors d’une conférence de presse.

La loi sur la biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes en France à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020. Au niveau européen, Bruxelles a restreint en décembre 2013 l’usage des trois principales molécules (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), pour certains usages.

Définition des néonicotinoïdes

Dans le but de mieux lutter contre ces substances, une définition des néonicotinoïdes a été proposée par Sandra le Feur, députée LaREM, et adoptée en commission développement durable le 27 mars (voir article sur le projet de loi EGAlim). Le comité de soutien alerte sur l’effondrement des colonies d’abeilles, mettant en cause l’« emploi abusif » des phytos. « Si on peut se réjouir d’une véritable prise de conscience sur la question climatique, on a vraiment laissé la biodiversité sur le bord du chemin dans nos priorités », a déploré Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), alors qu’une étude récente fait état d’un déclin « vertigineux » des oiseaux de campagne. « Il n’y a qu’une ambassadrice qui réveille un peu nos consciences, c’est l’abeille », a-t-il souligné.

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Indication de l’origine du miel

Ce comité défend aussi une meilleure traçabilité des miels. L’amendement au projet de loi EGAlim présenté par Matthieu Orphelin, pour une meilleure information sur l’étiquetage des miels récoltés dans différents pays, a été adopté en commission (voir article sur le projet de loi EGAlim). 69 parlementaires s’étaient engagés à déposer ou soutenir l’amendement, d’après le comité. Ce dernier souligne que les miels importés représentent 75 % de la consommation française, avec « de plus en plus de miels mélangés » et un risque de produit frelaté. Il faut « faire en sorte que les consommateurs sachent ce qu’ils consomment », a souligné Henri Clément, porte-parole de l’Unaf (apiculteurs).

« Le moins de dérogations possible »