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Développement Des pays non membres de l’OCDE augmentent leur soutien à l’agriculture

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Un rapport publié par l’OCDE concernant huit pays non membres de l’organisation signale que ces Etats ont eu tendance à augmenter leurs aides à l’agriculture ces dernières années. Pour l’essentiel, il s’agit encore de soutiens aux prix de marché et de subventions aux intrants.

Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Ukraine, Bulgarie et Roumanie soutiennent leur agriculture. Un rapport de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) publié le 15 mars précise même que, hormis en Russie où ils étaient déjà élevés, « les soutiens aux producteurs de tous ces pays ont augmenté ces dernières années ». Ils restent toutefois très inférieurs aux aides mises en place dans les pays de l’OCDE (France, Australie, Etats-Unis…) : « La part des recettes agricoles brutes provenant du soutien et des subventions publics s’élève à moins de la moitié de la valeur moyenne observée pour la zone de l’OCDE, établie à 30 % », indique le rapport. Sauf qu’il s’agit en partie de « mauvaises aides » : soutien au prix du marché et subventions aux intrants, soit « les formes d’aides à l’agriculture les moins efficientes et celles entraînant le plus de distorsions », signalent les auteurs du rapport. L’organisation reproche à ces types de soutien d’éloigner le producteur des réalités du marché international et de gonfler la facture alimentaire pour les ménages les plus pauvres. Selon elle, ce sont au final les intermédiaires qui en profitent le plus, et non les producteurs eux-mêmes.

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Non à l’agriculture de semi-subsistance

« Les gouvernements doivent intervenir, mais pour aider les familles qui font de l’agriculture de semi-subsistance à développer d’autres activités sur place », a expliqué Morvarid Bagherzadeh, analyste de l’OCDE, lors de la conférence de presse de présentation du rapport, le 15 mars à Paris. L’Organisation veut une agriculture compétitive… Sans exode rural, bien sûr. Oui aux aides sectorielles donc, et aux services d’intérêt général. L’organisation se réjouit, par exemple, du soutien budgétaire apporté par le gouvernement chinois au développement des infrastructures en milieu rural. Mais non aux mesures ponctuelles qui ne « sont pas à mêmes de fournir un environnement prévisible essentiel à la croissance et à l’ajustement ». L’OCDE déplore notamment le gel des taux d’intérêt accordé aux exploitants agricoles brésiliens. Selon Jonathan Brooks, rédacteur de la partie « Brésil » du rapport, « c’est une hausse implicite des subventions puisque les taux ont grimpé pour le reste de la population».