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Des poules pondeuses résilientes et donc mieux armées face aux perturbations externes

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10% de la résilience de la poule pondeuse est héritable. Crédits : © makamuki0/Pixabay

Avec le dérèglement climatique et la dégradation intense de l’environnement, l’élevage des animaux de rente doit évoluer. Pour s’adapter à ces changements, des animaux résilients vont être davantage recherchés. En effet, d’après un article scientifique [1], « un animal résilient est capable d’être peu affecté par des perturbations, ou de revenir rapidement à son état d’origine. »

Nicolas Bédère, chargé de recherche à INRAE sur le déterminisme génétique de la gestion de l’énergie des poules pondeuses, et ses collègues ont choisi trois indicateurs de résiliences calculés à partir de la production d’œuf de deux lignées pures de poules pondeuses. « En cas de perturbation chez les poules pondeuses, la production d’œufs est le premier élément perceptible qui varie, avant même la santé de l’animal », explique le chercheur.

Ces conditions expérimentales sont importantes car les poules utilisées en élevage sont issues de croisement des lignées pures. L’amélioration génétique des poules croisées dépend donc de la proximité génétique de la résilience chez les croisées et chez les pures, car la sélection génétique est opérée chez les lignées pures. Or, en pratique, l’enregistrement des performances des poules croisées et le suivi de leur pédigrée est fastidieux et couteux, du fait du nombre d’animaux plus important, du grand nombre de fermes et donc de conditions d’élevage, des différentes combinaisons de croisement possibles, etc.

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Améliorer la résilience des poules pondeuses

Les résultats de cette étude montrent que « 10% de la résilience de la poule pondeuse est héritable. Sachant que 60 à 70% d’autres caractères tel que l’heure de ponte est héritable, 10% semble plutôt faible. Toutefois, cela n’est pas négligeable et reste un levier d’amélioration de la résilience des poules pondeuses », explique encore le chercheur.

Cette étude est le fruit d’une collaboration entre INRAE, Wageningen University & Research et Hendrix Genetics, l’un des deux groupes d’entreprises de sélection de poules pondeuses. Elle pourrait permettre aux éleveurs d’améliorer la résilience des animaux et de maintenir leur niveau de production, par la voie génétique « en sélectionnant sur la résilience des poules », conclut le chercheur.