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Des priorités de travail pour la châtaigne

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Réunie fin mars, la filière nationale castanéicole s’est fixé plusieurs axes de travail en comité interprofessionnel, avec en toile de fond un enjeu de recensement des surfaces et de structuration à l’aval.

À l’issue d’un comité de liaison national interprofessionnel le 23 mars, réunissant producteurs, metteurs en marché et transformateurs, le Syndicat national des producteurs de châtaignes (SNPC) a identifié plusieurs priorités de travail, au premier rang desquelles la structuration de la filière à l’aval. Si la filière est aujourd’hui relativement structurée à l’amont, un manque de coordination persiste à l’aval, selon Éric Bertoncello, chargé de mission au SNPC, interrogé par Agra presse le 25 mars.

Le comité vise précisément à combler ce manque en réunissant l’ensemble des maillons de la chaîne. Préalablement à la tenue de cette réunion, le SNPC a conduit une série d’entretiens menés entre le 10 février et le 10 mars auprès de 26 entreprises de mise en marché et de transformation de châtaignes, représentant l’essentiel des volumes traités, soit 8 000 tonnes de châtaignes sur les 9 000 tonnes produites chaque année en France.

Un observatoire économique à l’étude

Parmi les axes identifiés figure notamment la sécurisation de la production, tant en volume qu’en qualité. À ce propos, les entreprises interrogées par le SNPC ont exprimé de fortes attentes vis-à-vis des actions du plan national châtaigne, notamment sur les questions sanitaires (pourritures, fruits véreux, maladies de l’encre et du chancre) et l’adaptation au changement climatique. Autre axe prioritaire, celui du renouvellement du verger, pour lequel la filière exprime un besoin important de soutien, en particulier en matière d’accès à l’eau. « L’innovation variétale est une piste complémentaire pour répondre aux enjeux sanitaires et productifs », précise le SNPC.

Afin d’améliorer le suivi et la structuration de la filière, la création d’un observatoire économique a par ailleurs été évoquée. Dans un premier temps, l’objectif est de réaliser un cadastre castanéicole, aujourd’hui inexistant. « Nous disposons d’estimations liées aux déclarations des aides Pac, mais une partie des surfaces n’est pas déclarée en tant que production végétale, mais en tant que surface pâturée », souligne M. Bertoncello.

Dans un contexte d’investissement public « conséquent », le ministère de l’Agriculture a rappelé que cette structuration collective est « indispensable » au développement durable de la filière. Pour rappel, un plan de soutien de 5 millions d’euros pour la filière a été obtenu sur le budget 2024 du ministère de l’Agriculture. 80 % des crédits ciblent la recherche de solutions aux problèmes sanitaires et l’adaptation au changement climatique, 20 % visent la structuration et l’animation de la filière.

JJ

La filière travaille à la création d’un observatoire économique