La hausse du prix des terres forestières s’est poursuivie en 2008 avec une nouvelle augmentation de 7,1% dans un marché dynamique. Mais certains indices laissent penser que les prix pourraient stagner en 2009. En cette période de crise financière, la forêt reste un investissement solide. D’ailleurs les agriculteurs en achètent de plus en plus.
Le prix des forêts non bâties a progressé de 7,1% en 2008 dans un volume de marché également en hausse (+14%), selon l’indice annuel établi par la FNSafer (Fédération nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) et de la société forestière de la Caisse des dépôts dévoilé lundi 25 mai. « Cette évolution s’inscrit dans la tendance dynamique des 10 dernières années », a souligné Robert Lévesque, directeur de Terres d’Europe - SCAFR (Société de conseil pour l’aménagement foncier rural).
Les prix vont plafonner
Cependant, certains signes annoncent une stagnation des prix dès 2009. « Il y a des indices qui laissent penser qu’on atteint un palier », a indiqué le président de la société forestière, Laurent Piermont. Les parcelles de 1 à 10 ha ont vu leur prix stagner selon l’indice 2008, tout comme celles de plus de 25 ha. Si l’indice du prix des terres a augmenté, le prix moyen brut d’un hectare de forêt non bâtie est, quant à lui, passé de 5 540 euros en 2007 à 5 380 euros en 2008. En d’autres termes, le prix instantané est en baisse si l’on ne tient pas compte des corrections statistiques qui servent à calculer l’indice. « 2008 est certes resté un marché actif, mais on a quand même ressenti la crise internationale en fin d’année, le dernier trimestre a connu une accalmie des ventes sans baisse des prix », a confirmé Michel de Warren, directeur investissement et gestion privée à la Société forestière.
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Les agriculteurs investissent dans la forêt
« Le patrimoine forestier reste une valeur refuge même si la crise du bâtiment risque de peser sur le prix du bois et donc sur celui des terres ; en même temps les besoins en biomasse rassurent le investisseurs », prévoit Robert Lévesque. Michel de Warren va dans son sens, « de plus en plus de personnes morales anticipent ces nouvelles valorisations (biomasse, CO2, biodiversité…) ». Les agriculteurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. D’après l’étude de la FNSafer et de la Société forestière, les personnes physiques agricoles ont augmenté leur patrimoine forestier de 8 300 ha en 2008 après l’avoir déjà fait progresser de 5 300 ha en 2007. « Les agriculteurs se sont positionnés sur le marché forestier en investissant l’argent gagné grâce aux bons résultats de leurs exploitations ces dernières années »a analysé Robert Lévesque.