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Perspectives Des prix plus calmes mais plus élevés qu’en 2000/2010

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Moins de turbulences sur les marchés agricoles en 2012-2013 et dans la décennie à venir, c’est ce que prévoient la FAO et l’OCDE dans leur rapport annuel sur les perspectives des marchés agricoles mondiaux. Les prix seront néanmoins de 10 à 30 % supérieur à ceux de la décennie précédente. D’ici à 2050, les deux organisations estiment que la production agricole devra croître de 60%.

Les marchés agricoles devraient se calmer en 2012/2013, estiment l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans leur rapport annuel sur les perspectives des marchés agricoles publié le 11 juillet. Mais sur le plus long terme, le problème reste le même : il faut produire plus et mieux.
« Un fort rebond de la production des principaux végétaux en réaction à la hausse des prix contribue à rétablir les équilibres sur les marchés. À la faveur de la détente des fondamentaux et d’un environnement macroéconomique anémié, les prix de bon nombre de produits ont commencé à diminuer en 2011/12 », constatent les auteurs du rapport qui estiment que cette tendance devrait se maintenir. La FAO et l’OCDE prévoient que sur les 10 années à venir, « les prix alimentaires vont décroître ou rester stables même si en moyenne ils seront 10% à 30% plus élevés que dans la décennie précédente ». Mais la volatilité des prix demeure préoccupante : « Une mauvaise récolte ou l’adoption de mesures restreignant les échanges dans une grande région de production et d’exportation pourrait subitement entraîner un retournement des fondamentaux du marché et de nouvelles flambées des prix », prévient le rapport.

Baisse des gains de productions

À plus long terme, le principal enjeu auquel l’agriculture mondiale est confrontée consiste à accroître la productivité de manière plus durable pour répondre à la hausse de la demande d’aliments pour l’homme et pour le bétail, de carburant et de fibres. La production agricole devra croître de 60% d’ici à 2050 pour répondre aux besoins d’une population plus nombreuse, plus urbaine et plus riche, préviennent FAO et OCDE. Cela reviendra à produire un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande en plus par an, par rapport aux niveaux de 2007. Avec un accroissement limité des superficies, la productivité devrait être le levier essentiel de cette hausse, selon le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria mais le « défi sera difficile ».
En effet, la progression de la production agricole mondiale a été supérieure à 2% par an au cours des dernières décennies, mais d’après les projections elle va se tasser pendant les dix ans à venir à 1,7% par an. Malgré ce ralentissement, la croissance de la production restera supérieure à la croissance démographique prévue, de telle sorte que la production par habitant devrait continuer de progresser de 0,7% par an, précisent encore les deux organismes. « Compte tenu du plus grand potentiel d’accroissement de leurs superficies agricoles et d’amélioration de leur productivité, les pays en développement seront la principale source d’augmentation de la production mondiale d’ici 2021. La hausse annuelle de la production devrait s’y établir en moyenne à 1.9%, contre 1.2% dans les pays développés », estiment les auteurs du rapport.
Afin d’assurer une croissance durable de l’agriculture, les deux organisations recommandent d’encourager de meilleures pratiques agronomiques, de renforcer le système d’innovation agricole (recherche, formation, vulgarisation), notamment par le développement de partenariats public-privé, et de réduire les pertes et les gaspillages alimentaires.

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