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Recherche Des procédés pour réduire les pesticides en cultures légumières

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Le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) PIClég, « Production intégrée en cultures légumières », a obtenu des résultats pour réduire l’emploi des pesticides. Parmi ces résultats, l’interculture avec des plantes qui tuent certains pathogènes, est la voie la plus avancée. C’est ce qu’a présenté l’Inra le 24 février au Salon de l’agriculture.

Quatre ans après son démarrage en 2007, le GIS PIClég, qui vise la réduction de l’emploi des pesticides, commence à voir se dégager des solutions. « La plus prometteuse, c’est l’interculture », a indiqué Philippe Lucas, directeur de recherche au centre Inra de Rennes et animateur du Gis PIClég.

Cultiver des engrais verts antagonistes des champignons pathogènes

« Les résultats déjà obtenus démontrent, en conditions contrôlées (en bacs de culture), l’intérêt de valoriser la période d’interculture pour assainir le sol : on obtient une réduction importante des niveaux de maladie par la technique de biofumigation à base de moutarde brune », a précisé Françoise Montfort, chercheuse au centre Inra de Rennes le 24 février sur le stand de l’Inra.
Les biofumigants sont des molécules volatiles et toxiques pour les micro-organismes, émises par des plantes. Souvent des plantes sont de la famille des crucifères, qui contiennent des glucosinolates, molécules riches en soufre et toxiques à partir d’une certaine dose pour les champignons pathogènes. Ces crucifères peuvent être des moutardes, choux, radis, qui ont aussi l’avantage de constituer un engrais vert à même de réduire la fertilisation chimique. Cette fertilisation naturelle rend possible l’implantation de deux cultures successives de mâche sans apport d’engrais, a complété Françoise Montfort. Deux programmes de recherche sont menés par l’Inra pour avancer vers la maîtrise des maladies via l’interculture, dans le cadre de PIClég : les programmes Batica et Sysbiotel, financés par l’Inra et l’Agence nationale de la recherche (ANR) et le programme Prabiotel, soutenu par le compte d’affectation spéciale « développement agricole et rural » (Casdar), qui est géré par la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) du ministère de l’Agriculture.

Influence du paysage et de la flore sur la démographie des insectes

D’autres voies sont à l’étude, dans le cadre du GIS, comme la modification du paysage par des haies, bandes enherbées ou fleuries, corridors et talus. Les corridors favorisent la dispersion des ravageurs, et les talus ont l’avantage de constituer des barrières aux insectes, a observé Anne Le Ralec, maître de conférence au centre Inra de Rennes. Mais il arrive que les haies favorisent la reproduction d’insectes phytophages – ce qui est le contraire de l’effet recherché – quand elles hébergent des plantes de la même famille que les cultures. Par exemple les haies qui contiennent des carottes sauvages risquent de favoriser la prolifération de la mouche de la carotte. Pour que les haies contribuent à la prédation des ravageurs des cultures, il faut bien observer la flore qu’elles abritent. « Par la flore, on détermine la faune », a résumé Denis Onfroy, agriculteur, ancien président de la fédération française des producteurs de légumes et co-fondateur du GIS PIClég avec Guy Riba, vice-président de l’Inra. Une particularité de PIClég, soulignée le 24 février par Vincent Faloya, du centre Inra de Rennes, et par Marion Guillou, p.-d.g. de l’Inra, est qu’il a été « co-construit » entre les chercheurs et les agriculteurs. « Guy Riba et Denis Onfroy sont des pionniers. Mais nous les avons copiés en constituant des GIS sur le même modèle pour d’autres secteurs de production », a conclu Marion Guillou.

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