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Des projets autour du lin et ses applications meilleures pour l’environnement

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Du lin sous différentes formes Crédits : © Inrae

Les fibres de lin, grâce à leurs très bonnes propriétés spécifiques, pourraient bientôt remplacer la fibre de verre ou le carbone. Des chercheurs d’Inrae travaillent notamment sur la mise au point d’un prototype de panneau biocomposite à base de fibre de lin pour l’aéronautique.

Avec une surface exploitée de 120 000 à 130 000 hectares, la France est le premier producteur mondial de lin, dont la matière première est globalement envoyée en Chine, où elle est transformée avant de revenir sous forme de vêtements. Une aberration tant environnementale qu’économique aujourd’hui.

Johnny Beaugrand, directeur de recherches chez Inrae (BIA, Nantes) s’intéresse « aux fibres de lin, qui grâce à leurs très bonnes propriétés spécifiques et leur production locales sont déjà une réalité industrielle. Les fibres longues pourraient en particulier trouver différents débouchés à haute valeur ajoutée dans l’industrie automobile, le nautisme, l’aéronautique, et on peut envisager également le BTP. C’est un très bon substitut à la fibre de verre ou au carbone, et dans ce cas beaucoup moins coûteux, ou au bois pour ses qualités de renforts mécanique et d’amortissement », explique-t-il.

Lui et Sofiane Guessama, chercheur au sein de la même équipe, travaillent notamment sur la mise au point d’un prototype de panneau biocomposite à base de fibre de lin pour l’aéronautique, qui compte tenu de sa légèreté serait moins consommateur d’énergie pour les avions et qui est conçus pour être plus facilement recyclable. « Nous avons déposé notre projet dans le cadre du programme Horizon Europe et sommes en attente d’une réponse de financement. Ces fonds sont indispensables pour passer les tests et obtenir les certifications nécessaires avant toute mise sur le marché. Les tests pour l’aéronautique, tel que la résistance au feu et l’émission de composés organiques volatiles, sont très exigeants, longs à mettre en œuvre et coûteux. Nous devons arriver auprès des constructeurs avec des solutions meilleures en bilan carbone qui ne représentent aucun risque pour les utilisateurs », précise encore le chercheur.

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Du lin dans les airs

En attendant que des panneaux en lin n’embarquent dans les airs, d’autres projets sont déjà plus avancés. Ainsi dans le cadre du projet européen Flower (1), sur le développement du lin pour des applications composites utilisées dans l’automobile ou encore le nautisme, Kaïros a réalisé un premier bateau à foils (type de bateau utilisant deux ailes, une de chaque côté du bateau, et l’énergie du vent pour se déplacer sur la mer). Le bureau d’études spécialisé dans la voile a remplacé les fibres de verre et de carbone par des fibres de lin. Les tests sur le bateau sont prévus en conditions réelles cet été au centre de voile des Glénans.

Toujours dans le cadre du projet Flower, d’autres débouchés sont à l’étude tels que de panneaux latéraux renforcés de lin pour les camions réfrigérés, ou dans le secteur de l’énergie, une éolienne renforcée par du lin. L’université de Cambridge travaille sur un prototype, dont les tests devront prouver la résistance du produit aux conditions extérieures.

(1) Coordonné par l’Université de Bretagne Sud, le projet rassemble 4 partenaires académiques (Université de Bretagne Sud à Lorient, Inrae de Nantes, Université de Cambridge et Université de Portsmouth) et 4 partenaires industriels (les entreprises Kaïros, Teillage Vandecandelaère, EcoTechnilin et Howa-Tramico).