« Un exercice de transition et de réflexion » pour la Cavac. Le groupe coopératif, qui tenait son assemblée générale le 16 décembre aux Herbiers, en Vendée, aura vu son résultat net de 2004/2005 s’éroder quelque peu à 2,2 millions d’euros. Mais d’ici 4 à 5 ans, Jérôme Calleau, président du conseil d’administration de la Cavac, promet un retour à 5 millions d’euros de résultat, grâce à un plan de réorganisation. L’année écoulée aura permis en tout cas à la Cavac d’établir plusieurs partenariats avec d’autres coopératives. La Cavac souhaite également se diversifier davantage, notamment dans les légumes secs et les biomatériaux. Jérôme Calleau estime par ailleurs que son groupe a enregistré une baisse de 10 % de la consommation de poulets, liée aux conséquences de la grippe aviaire.
Quel bilan faites-vous de l’exercice 2004/2005 pour la Cavac ?
L’exercice qui vient de se terminer poursuit une tendance déclinante de plusieurs années (ndlr : 2,2 millions d’euros de résultat net consolidé contre 3,239 millions il y a un an), notamment sur la viande et particulièrement sur les volailles. Nous sommes sur des marchés tendus et sommes confrontés à une augmentation importante des charges salariales et d’énergie. Cependant, notre chiffre d’affaires a augmenté de 3,2 % à 458 millions d’euros. Parmi les faits marquants de l’exercice, nous avons mis en chantier le silo de Saint-Gemme-la Plaine, avec un investissement d’environ 7 millions d’euros. Il nous permettra de pallier en partie notre sous-capacité de stockage et d’avoir un outil de travail du grain pour livrer plus facilement nos clients. Nous avons depuis un an passé un certain nombre de partenariats. Avec les 3 coopératives, CEA et MCA de Charente-Maritime et la CAPL du Maine-et-Loire, nous avons regroupé nos achats d’agrofournitures au sein du GIE Synalia. En nutrition animale, nous avons établi un partenariat avec Val de Sèvre, spécialisée dans les canards gras. Sur le lapin, nous venons de finaliser un accord en nutrition animale et en insémination artificielle avec la Coopérative des producteurs de lapins du bocage. Enfin, sur le porc, nous venons d’adhérer au GIE Capig.
Au niveau des volailles, êtes-vous touchés par les conséquences de la grippe aviaire en termes de consommation ?
Nous ne sommes pas touchés sur notre spécialité, les canards de chair, ni en foie gras et dindes pour l’instant. En revanche, nous constatons une baisse de 10 % sur les poulets, plus importante sur les labels. Les ventes en produits élaborés sont en revanche moins touchées. La baisse observée va nous amener à allonger les périodes de vides sanitaires. Sur les volailles festives, nous constatons que la demande part plus tardivement que l’année dernière. Mais les grandes surfaces ont une responsabilité là-dessus au niveau des emplacements qu’elles leur réservent en magasin.
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Que pensez-vous de la loi d’orientation agricole et des mesures qui ont été prises pour les coopératives ?
Nous sommes déçus. Ce n’est pas une grande loi d’orientation. La contractualisation n’est pas assez présente et la partie économique n’a été que faiblement traitée. Concernant le Haut conseil de la coopération, j’approuve totalement. Cela va dans le bon sens. Cela va renforcer les valeurs des coopératives, car nous avons besoin de règles. Sur le 1% logement, cela va au contraire affaiblir les coopératives et alourdir nos charges. Nous n’allons pas tarder à chiffrer ce nouveau poids dans notre budget.
Quelles perspectives avez-vous pour 2006 et pour les prochaines années ?
2004/2005 a été pour nous un exercice de transition et de réflexion. Notre résultat net devrait être légèrement meilleur en 2006, grâce à une baisse de provisions pour investissements. Notre résultat courant devrait rester cependant le même. Nous avons établi un plan de réorganisation, pour retrouver une meilleure rentabilité d’ici 4 ou 5 ans et un résultat net de 5 millions d’euros, représentant 1,2 % du chiffre d’affaires, contre 0,5 % cette année. Nous nous efforçons d’établir une meilleure synergie entre nos différentes sociétés. Nous voulons faire mieux avec moins de personnel. Nous envisageons des fermetures de dépôts mais uniquement avec des départs à la retraite. Nous souhaitons par ailleurs nous diversifier en matière de cultures, notamment avec les légumes secs IGP. Nous développons notre marque, Grains de vitalité, sur le grand Ouest et souhaitons la distribuer sur tout le territoire national. Nous nous penchons également sur les biomatériaux avec Valagro, pour développer des sacs plastique à base d’amidon de maïs.
La Cavac en chiffres Exercice 2004/2006 : Chiffre d’affaires consolidé du groupe : 458 millions d’euros, en hausse de 3,2 % Dont Productions animales : 56 % Productions végétales et semences : 23 % Appro grandes cultures : 14 % Distribution : 7 % Résultat net des sociétés intégrées : 2,2 millions d’euros Capacité d’autofinancement : 9,4 millions d’euros Nombre de sociétaires actifs : 4500 Effectifs salariés (équivalent temps plein) : 833 personnes. 1,8 million d’euros ont été reversés aux sociétaires.