« J’ai bien noté que vous êtes attentifs au risque de concurrence entre différents systèmes de production au sein même des AOC » a déclaré le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau lors de sa visite le 30 avril à Cambremer pour la 11e édition du festival des AOC. Le problème se pose notamment dans le cadre de la mise en place de DPU (droits à paiement unique). Quant à la réserve nationale permettant d’attribuer gratuitement des droits, « les demandes des producteurs d’AOC sont légitimes » conclut le ministre.
« Les DPU (droits à paiement unique) sont une affaire épouvantablement compliquée » a expliqué le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau lors de son intervention au 11e festival des AOC de Normandie à Cambremer le 30 avril. Le gouvernement français et le monde agricole ont mis en place « une usine à gaz respirable». L’idée est de simplifier et de ne pas perdre 1 centime d’euro de DPU pour la ferme France. Pour Michel Prugue, président de l’Inao, « nous sommes à la croisée des chemins ». Il dénonce les « distorsions de concurrence » alors que les indications géographiques sont victimes de la mise en place inadéquate de politiques de soutien public à l’agriculture. « Certains agriculteurs seront bien mieux traités que d’autres avec la PAC » résume-t-il.
La question maïs/herbage
Sur la question maïs/herbage, la nouvelle PAC risque d’accentuer les inégalités déjà connues expliquent les producteurs d’AOC. Par exemple, les DPU ont pour base de calcul la prime maïs précédemment perçue et vont de fait favoriser les structures intensives. Alors que ceux qui, pendant des années, ont travaillé selon les valeurs de l’AOC avec un système plus qualitatif que productif et plus respectueux de l’environnement, ne toucheront que peu ou pas de DPU. Patrick Mercier, président des producteurs de lait pour les fromages AOC de Normandie a déjà fait des propositions de rééquilibrage. Sur 1 200 producteurs, les 200 producteurs pratiquant l’élevage herbager ne toucheront aucune prime. Pour les 50 producteurs qui depuis les années 2000/2001 se sont engagés dans un CTE, ils auront de « moins bonnes années de référence pour le calcul de leur DPU ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Des demandes « légitimes »
Le ministre a indiqué comprendre les « situations concurrentielles potentiellement faussées entre producteurs traditionnels, d’un côté les anciens ne bénéficiant pas des DPU, de l’autre les nouveaux convertis ». Il a précisé que les règles de gestion de DPU seront arrêtées « dans les jours qui viennent». Quant à l’utilisation de la réserve nationale permettant d’attribuer gratuitement des droits, « vos demandes sont légitimes » a souligné le ministre. Le 2e pilier de la PAC peut également être mis à contribution pour « compenser les écarts d’aides entre les modes de production à l’herbe et au maïs ». Le CAD (contrat d’agriculture durable) peut répondre à cette attente. Enfin, concernant l’article 69 du règlement de la réforme de la PAC qui propose de soutenir « des types particuliers d’agriculture qui sont importants pour la protection ou l’amélioration de l’environnement », il ne « suscite pas l’adhésion unanime parmi les professionnels pour le moment » a conclu le ministre.