Le premier saucisson aux Oméga 3 est lancé par la salaisonnerie de la Montagne noire, filiale de l’espagnol Campofrio, qui s’est associée à Socopa et à Fleury Michon pour ses achats de porcs nourris au lin. Un atout pour recréer de la valeur sur un marché difficile. Objectif : occuper 2 à 3 % du marché des salaisons sèches.
Comment vendre de la charcuterie avec des arguments santé ? La société de salaison Montagne Noire a trouvé le filon en proposant une gamme de saucissons aux Oméga 3, sous la bannière « J’ai faim d’équilibre ». Le même raisonnement a déjà servi aux fabricants de corps gras pour innover avec des produits sans cholestérol : alors que l’offre classique est en recul, les produits Oméga 3 et anticholestérol progressent de 20%. Le pari de la filiale du groupe espagnol Campofrio est de séduire les consommateurs avec « plus de viande, deux fois moins de matière grasse (à peine 15 %) et davantage d’acides gras essentiels » grâce au retour du lin dans l’alimentation des porcs, d’où un apport « naturel » d’Oméga 3. Ce virage vers des allégations santé n’empêche pas l’entreprise tarnaise de rappeler ses racines terroir : une autre gamme sous label rouge « J’ai faim de saveur » décline ses produits traditionnels mais avec de nouveaux packagings.
Pour mettre sur le marché le premier saucisson source naturelle d’Oméga 3, l’entreprise s’est rapprochée de deux confrères intéressés au développement de porcs nourris avec du lin, Socopa pour son offre de viande fraîche et Fleury Michon pour des jambons cuits. En commun, les trois sociétés ont imposé le même cahier des charges Label Rouge et Bleu Blanc Cœur aux fournisseurs de porcs. Cela dit, Montagne noire ne met en avant ni le Label ni le logo BBC sur sa nouvelle gamme « équilibre » dans la mesure où le positionnement de son produit s’accommode mal, selon elle, d’un excès de signes. Le fabricant préfère une communication jeune, en direction des sportifs par exemple (référence à l’alpinisme et au VTT), mais aussi des plus de 50 ans qui sont sous la pression de leur médecin. Il envisage aussi de lancer d’autres produits riches en Oméga 3 comme des copas, des pancetta, du bacon, voire des jambons, et sans exclure des ventes en pré-tranché.
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Un marché à réveiller
Sur un marché de 37 000 tonnes en saucisson sec (dont 7000 t pour le chorizo), Montagne noire espère conquérir 1 à 2 % de part de marché avec sa gamme Oméga 3 : actuellement, sa production totale de charcuterie est de 11 000 tonnes, soit près de 9 % du marché global (MDD compris) et près de 4% sur les produits à marque avec une position de numéro 2 derrière Aoste. La pression sur les prix dans un marché stagnant en volume (et dont le leader est hésitant sur son avenir !), a entraîné le chiffre d’affaires de la société à la baisse, à 86 millions d’euros en 2004 et tous les efforts de l’entreprise consistent à se retirer des premiers prix qui sont en train, comme le répète Olivier Macé, directeur commercial et marketing, de « cannibaliser » même les MDD.
Employant 380 salariés sur ses cinq sites spécialisés (jambon de Bayonne, salaison sèche, tranchage,…), la filiale de Campofrio table sur sa maison mère pour exporter davantage demain (5 % de ses ventes actuellement), au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et depuis peu en Russie. Le groupe espagnol, basé à Burgos et présent sur trois continents et 40 pays, est devenu un leader de taille européenne avec 252 000 tonnes produites, un effectif de 6000 salariés et un chiffre d’affaires de 983 M EUR.