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Des scientifiques coréens cultivent des cellules de bœuf dans du riz

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Un bol de riz de couleur rose, qui résulte de la culture de cellules de bœuf dans des grains de riz. Crédits : © Université Yonsei

Des chercheurs sud-coréens ont réussi à cultiver des cellules de bœuf dans des grains de riz. Cet aliment hybride combine les nutriments du riz et de la viande, avec davantage de protéines et de matières grasses que le riz classique. 

La liste des protéines alternatives innovantes ne cesse de s’allonger. Des chercheurs de l’université Yonsei, à Séoul (Corée du sud) ont dévoilé un riz dans contenant des cellules de bœuf cultivé. Ce riz hybride de couleur rose « répond aux exigences de sécurité alimentaire et présente un faible risque de déclencher des allergies alimentaires », notent les chercheurs dans leur article paru dans la revue scientifique Matter le 14 février 2024. Le projet était mené par Sohyeon Park, professeur à l’université Yonsei et auteur principal de l’étude, sous la direction de son collègue Jinkee Hong.

Les grains de riz sont poreux et fournissent une bonne plateforme pour la culture de cellules d’origine animale, souligne le communiqué. « Certaines molécules présentes dans le riz peuvent également nourrir et favoriser la croissance de ces cellules ».

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont commencé par enrober des grains de riz avec de la gélatine de poisson, un ingrédient sûr et comestible, afin de permettre aux cellules de bœuf de s’y accrocher plus facilement et de créer un environnement propice à leur développement. Des cellules souches musculaires et adipeuses de bœuf ont ensuite été ensemencées dans le riz et laissées en culture dans une boîte de Pétri pendant 9 à 11 jours. Le produit récolté est donc un riz de bœuf cultivé, un produit hybride dont les principaux ingrédients répondent aux exigences de sécurité alimentaire et sont peu susceptibles de déclencher des allergies alimentaires.

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Un riz hybride aux nombreux débouchés potentiels

Après avoir cuit à la vapeur ce riz hybride, les chercheurs ont effectué diverses analyses visant à mesurer sa valeur nutritionnelle, son odeur et sa texture. Avec 8% de protéines en plus et 7% de matières grasses en plus que le riz classique, ce produit hybride présente un profil nutritionnel complet, avec une texture plus ferme et cassante. Enfin, le riz hybride avec une teneur plus élevée en muscles affiche des composés odorants liés au bœuf et à l'amande, tandis que celui avec une teneur plus élevée en matières grasses se rapproche de l'odeur de la  crème, du beurre et de l'huile de noix de coco.

Et les chercheurs de noter également la faible empreinte carbone de ce riz au bœuf cultivé. « Pour 100 grammes de protéines produites, le riz hybride libère moins de 6,27 kg de CO2, tandis que le bœuf en libère 49,89 kg », détaille-ils. L’équipe veut continuer à améliorer les conditions de culture des cellules bovines dans les grains de riz, « afin d’augmenter la valeur nutritionnelle du riz. « Je vois tout un champ de possibilités pour cet aliment hybride, explique Sohyeon Park. « Il pourrait servir en cas de famine, dans les rations militaires ou même pour les voyages spatiaux ». Les chercheurs se montrent assez optimistes pour une future commercialisation du produit, grâce à ses « faibles risques en matière de sécurité alimentaire et un processus de production relativement simple ».