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FranceAgriMer Des stocks de céréales à paille allégés de près d’1 Mt

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Dans ses dernières prévisions, FranceAgriMer a revu en baisse de près d’1 Mt les stocks de céréales à paille pour la fin de campagne 2009/2010. La faiblesse de l’euro par rapport au dollar, qui redonne de la compétitivité au blé français, est l’une des explications à cette embellie.

Le spectre des 4 Mt de stock de blé tendre envisagées en mars par FranceAgriMer s’éloigne. Selon les derniers chiffres diffusés par l’Office en conférence de presse à Montreuil le 19 mai, les réserves de fin de campagne ne dépasseraient guère 2,7 Mt… soit presque 800 000 tonnes de moins que les 3,5 Mt anticipées en avril. « Tous les facteurs sont au vert et traduisent une bonne utilisation du blé », a souligné Christian Vanier, directeur de l’animation des filières. Après avoir montré des signes de faiblesse en début d’année, les fabricants d’aliment du bétail, qui constituent le premier débouché de la céréale sur le marché intérieur, ont amélioré leurs incorporations. Elles monteraient finalement à 5,3 Mt contre 5,2 Mt en 2008/2009. Sur l’Union européenne, les ventes grimperaient quant à elles à 6,85 Mt au lieu de 6,7 Mt prévues en avril. Et en ce qui concerne les pays tiers, les exportations atteindraient 9,5 Mt, soit presque autant que les 9,6 Mt de 2008/2009.

Le rééquilibrage euro/dollar favorable aux céréales françaises
« Notre blé est très compétitif par rapport à l’origine mer Noire », a précisé Christian Vanier. « Le rééquilibrage euro/dollar n’est pas une catastrophe pour la filière française », loin de là, a souligné Rémi Haquin, président de la section céréales de FranceAgriMer. C’est même l’un des facteurs clés expliquant la vente récente de près de 500 000 tonnes de blé tendre à l’Algérie. Grâce notamment à l’absence de l’Argentine, la France devrait également améliorer ses ventes sur l’Afrique Noire, où les exportations dépasseraient leur niveau habituel de 1,8 Mt. En orge aussi, le marché semble retrouver des couleurs. Toujours important, le stock de fin de campagne ne dépasserait pas 3,5 Mt au lieu des 3,7 Mt envisagées en avril. Selon Christian Vanier, « une légère embellie se fait sentir à l’export qui commence à reprendre vers les pays tiers ». Et, signe qui ne trompe pas, les offres à l’intervention sont quasi réduites à néant en France. Au total, les quantités offertes ne monteraient qu’à 1,1 à 1,15 Mt.

Des perspectives plus positives pour 2010/2011
De quoi éclaircir l’horizon pour la prochaine campagne. Bonne nouvelle supplémentaire en blé : « En dépit de la hausse de sa production, l’Argentine ne devrait pas constituer un concurrent extrêmement redoutable en 2010/2011 », a souligné Michel Ferret, chef du service marchés et études filières. La Russie pourrait en revanche jouer les trouble-fête : son stock de report, en partie détenu par la United Grain Company, qui gère l’intervention, est estimé à 13 Mt. Or le gouvernement pourrait décider d’en exporter une partie. « Peut-être y aura-t-il des problèmes de qualité car il est difficile de stocker dans certaines régions », a toutefois envisagé Michel Ferret. L’Ukraine devrait quant à elle laisser la place au blé français, compte tenu d’une baisse de ses exportations, prévues par l’USDA (département américain de l’Agriculture) à 7 Mt contre 9 Mt cette campagne. « On se demande si le pays pourra couvrir le contingent d’importation européen pour les blés de basse et moyenne qualité », s’est même interrogé le spécialiste. La morosité semblerait donc quitter progressivement le marché du blé. Pour preuve, après des semaines d’atonie, les cours rendu Rouen cotaient 124 euros/t le 19 mai, une valeur presque record pour cette campagne.

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