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Viticulture Des vignerons du Bordelais dénoncent une crise grave

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Dans le Bordelais, plus de 400 viticulteurs touchés par la crise économique se sont réunis en collectif cet été. Un nombre important d’exploitations seraient dans des situations quasi désespérées. Entendus à présent des responsables de la région, le collectif qui enchaîne les rendez-vous attend des changements importants pour sauver la profession. Notamment au sein de l’interprofession.

Les orages de grêle catastrophiques du mois de mai ont été le détonateur de la colère. Les viticulteurs, dont la situation économique se détériorait avec la baisse des cours et la mévente de la récolte 2008, ont mal vécu de ne recevoir aucune attention alors qu’une partie de leurs vignes étaient durement touchées par les intempéries. Un nouveau collectif est né peu après, en juillet. C’est le deuxième en Bordelais, un autre avait été créé en 2004 dans le Langonnais. Celui-ci est sur une autre zone. Il réunit surtout des producteurs de côtes de Castillon, côtes de Blaye, côtes de Bourg et de Fronsac, qui prennent la crise de plein fouet. En peu de temps, plus de 400 vignerons (sur les 7000 du bassin) ont adhéré. Xavier Carreau, viticulteur du Blayais et administrateur du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), les a rejoints depuis peu pour aider à une prise de conscience de la gravité de la situation.
« Environ 40% des exploitations du Bordelais sont soit en redressement judiciaire, soit en dépôt de bilan soit en restructuration », explique la vice-présidente du collectif, Chantal Séguilon, productrice à Saint-Emilion. « Tout le bassin est touché, c’est toute une économie qui bascule, entraînant d’autres entreprises de la région et créant du chômage. Les responsables de la filière n’avaient pas pris la mesure de la situation. Ils ne voyaient pas ce qui était en train de se passer. La limite du supportable a été franchie. Aujourd’hui, ces responsables sont tétanisés », poursuit-elle.
L’interprofession très critiquée
Le CIVB, qui a fortement augmenté les cotisations au cours des années passées, selon un membre du collectif, est mis en cause. Malgré ses moyens, il n’a pas su anticiper la crise ni y faire face, estime le collectif. La représentation des vignerons, et particulièrement des plus petits, n’y est pas satisfaisante. D’autre part, les vignerons attendent un arbitrage de l’interprofession entre producteurs et négociants sur les prix du raisin comme en Champagne ou sur le prix du tonneau. Ils souhaitent également rediscuter les cahiers des charges en cours d’élaboration par les Organismes de défense et de gestion des appellations. Les discussions sont vives sur le sujet.
« On nous reproche beaucoup de choses comme les délais de paiement à 75 jours. Beaucoup de vignerons ne connaissent pas les missions de l’interprofession », explique-t-on au CIVB tout en se montrant par ailleurs ouvert à créer un dialogue.
S’il n’a pas de rendez-vous programmé avec l’interprofession, le nouveau collectif a un agenda très plein dans les jours qui viennent : rencontre avec les responsables du département de Gironde, de la région Aquitaine, avec la direction régionale du Crédit agricole et même avec le Premier ministre François Fillon à l’occasion de son passage dans la région le 8 septembre. Le ministère de l’Agriculture sera également représenté selon le collectif qui peine à faire face à l’accélération de l’actualité.

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